n°247 - Marseille au long des rues
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Époque Moderne

A la Révolution Française, la ville a triplé sa

superficie et ne se recroqueville plus derrière ses

collines pour se protéger du mistral. Ainsi en a

décidé l’absolutisme de Louis XIV en 1666, qui

a verrouillé aussi l’entrée du port par les forts de

Saint-Jean et de Saint-Nicolas. L’enceinte, plus

vaste, englobe de nouveaux quartiers et même

tout le Vieux-Port. La ville nouvelle est parée de

larges avenues appréciées des nobles comme le

Grand Cours (Cours Belsunce) et la Canebière. La

Grand-Rue perd de son influence, mais la

Voie his-

torique

perdure. La rue Thubaneau, appelée rue de

la Fraternité, est désormais elle aussi

intra-muros

.

Là, en juin 1792, les Marseillais découvrent dans

l’ancien jeu de paume, siège le Club des Amis de

la Constitution, le

Chant de guerre de l’Armée du

Rhin

qu’ils s’approprient en montant sur Paris.

De l’autre côté du Cours, le marché des volailles

donne son nom de

place aux Œufs

au site de la

Bourse. De là, s’engage une fois de plus vers

l’ouest cette

Voie historiqu

e dont l’étroitesse

devient problématique pour les carrosses. La mai-

son de l’échevin Cabre s’y dresse depuis 1535.

Au débouché de la Grand-Rue, la Terreur sévit.

L’église des Accoules est détruite en 1794, mais

pas la tour attenante de Sauveterre. De l’autre

côté de la Voie, la place médiévale de la Petite

Boucherie existe toujours mais une guillotine

utilisée fréquemment y rend les regards fuyants.

Le palais de Justice (qui a succédé au palais com-

tal) est à quelques mètres à peine, tout comme

la Maison Diamantée, qui présente sa façade peu

commune de la fin du XVI

e

siècle, ou l’Hôtel de

Ville de Louis XIV et de Gaspard Puget qui fait face

au Vieux-Port.

Époque Contemporaine

Au cours des XIX

e

et XX

e

siècles, cet axe aurait pu

disparaître pour diverses raisons : développement

de la navigation à la vapeur (années 1830) et des

nouveaux ports (dès 1844), creusement de la

rue Impériale (1862-1864), création de nouveaux

centres décisionnaires (Second Empire), destruc-

tion des quartiers dits

de derrière la Bourse

(1911-

1937), dynamitage des bâtiments de la rive nord

du Vieux-Port à l’exception de quelques édifices

remarquables (1943), projet de centre décision-

naire sur le site de la Bourse (années 1960).

Et pourtant, grâce à Fortuné Lavastre, une réplique

exacte du quartier de la Blanquerie conserve, dès

1850, une trace du quartier détruit entre 1862 et

1937. Grâce à la rigueur d’Hippolyte Augier, tou-

jours au XIX

e

siècle, d’autres maquettes gardent la

mémoire des vestiges antiques de la rue Impériale.

Grâce enfin aux fouilles archéologiques des XX

e

et

XXI

e

siècles, la réalité de cette

Voie historique

se

matérialise peu à peu.

DEUX EXEMPLES D’IMMEUBLES «TROIS FENÊTRES MARSEILLAIS».

A DROITE LE 48 RUE DES TROIS MAGES ET À GAUCHE LE 153 RUE PARADIS.

© EMMANUEL LAUGIER - VILLE DE MARSEILLE

FIG. 3 :

L’ESCARPEMENT DE LA RUE CAISSERIE SUR CETTE PHOTOGRAPHIE ANONYME DE LA FIN 1945 OU DU DÉBUT 1946. LE

SECTEUR AU PREMIER PLAN, AU NIVEAU DE LA CHÈVRE, VA RÉVÉLER LES VESTIGES DU FUTUR MUSÉE DES DOCKS ROMAINS.

© VILLE DE MARSEILLE