n°247 - Marseille au long des rues
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Antiquité

Grâce à l’archéologie, il est établi que Marseille a,

dès le VI

e

siècle av. J.-C. et le long de cette

Voie his-

torique

, un habitat sur la colline Saint-Laurent, une

salle monumentale de banquet au collège Vieux-

Port, un lieu de culte avec ses petites chapelles

votives (

naiskoi

) au pied de la butte de l’Hôtel-Dieu,

une zone portuaire avec des quais, autour de l’Hôtel

de Ville, ainsi qu’un rempart sur le site de la Bourse.

Mentionnons aussi sur ce site, mais pour le IV

e

siècle av. J.-C., la première attestation directe de la

voie structurante de la cité (la

plateia

) – notre

Voie

historique

– et à proximité de celle-ci, le plus ancien

monument funéraire connu en France.

Evoquons encore l’

agora

de la place de Lenche,

l’arsenal de la place Villeneuve-Bargemon ou les

murailles qui se dressent face aux armées de Jules

César en 49 av. J.-C. (site de la Bourse).

Le paysage est différent au II

e

siècle ap. J.-C., tant

les réaménagements ont été importants sous

l’administration romaine

(fig. 2)

. Le poids histo-

rique de cette période est visible sur le site de

la Bourse : 4 mètres d’épaisseur stratigraphique

séparent le niveau de la voie dallée romaine (le

decumanus

, héritier direct de la

plateia

) du niveau

actuel de la rue Henri-Barbusse juste au-dessus.

C’est l’une des rares occasions, en France, de pou-

voir mesurer l’épaisseur historique d’une ville sur

deux millénaires.

Moyen Âge

Au XIII

e

siècle, les églises structurent le secteur

telles celles de Saint-Martin, des Accoules ou

de Saint-Laurent. Cette dernière, intégrée à une

fortification qui domine la mer, le Château-Babon,

surplombe la passe du port et sa commanderie

des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Les

rues prennent le nom des corporations qu’elles

abritent. La rue Caisserie est celle des fabricants

de caisses. Elle permet de gagner le centre poli-

tique de la ville basse. Là, dans le palais comtal,

à l’emplacement de l’actuel Hôtel Daviel ou, tout

près, dans l’hôpital du Saint-Esprit (sous l’Hôtel-

Dieu), le conseil de la ville basse se réunit et

délibère. C’est aussi le centre économique de

la ville avec ses marchés, halles, boutiques, …

Depuis les Accoules, la

Voie historique

emprunte

ensuite la rue des Orfèvres, celle de la Draperie

puis celle des marchands de fruits. Elle dessert

enfin le quartier de la Juiverie au Nord et celui

de la Blanquerie au Sud qui sont contraints par

les remparts de la ville. Au niveau du site de la

Bourse, qui est désormais intra-muros, la porte du

Marché perce cette muraille et la place forte du

Tholonée, ancrée sur les fortifications grecques et

détruite en 1230, permet au vicomte de contrôler

les entrées dans la ville. Extra-muros, le couvent

des frères Mineurs réputé pour sa majesté se

dresse au milieu des faubourgs.

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FIG. 2 :

EVOCATIONS 3D COMPARÉES DE L’ENTRÉE DE LA VILLE AU IV

e

SIÈCLE AV. J.-C. (EN HAUT) ET AU II

e

SIÈCLE AP. J.-C. (EN BAS) EXTRAITES DE L’APPLICATION NUMÉRIQUE

DU MUSÉE D’HISTOIRE DE MARSEILLE.

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