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VUE D’OPTIQUE DU COURS AU XVIII

e

SIÈCLE. ON REMARQUE SUR CETTE REPRÉSENTATION L’USAGE

DU TERRE-PLEIN CENTRAL COMME COURS À CARROSSES ET PROMENADE À LA PERSPECTIVE RÉGULIÈRE.

L’IMAGE EST INVERSÉE : LA RIVE CONSERVÉE EST ICI À GAUCHE.

de Rome, l’ancien est la rue d’Italie) et la création de

la place Castellane. Plus encore sous la monarchie

de Juillet, avec l’ouverture de la promenade du

Prado. Tandis que ce grand axe allait au nord, avant

l’ouverture de l’autoroute, jusqu’à la place Marceau.

Une telle réalisation d’urbanisme restera sans équi-

valent à Marseille.

UN ESPACE ORDONNANCÉ

AU CŒUR DE LA VILLE

Entre l’enceinte médiévale et les deux faubourgs

des Oliers et des Roubauds (à l’emplacement de

l’actuel quartier Belsunce), avait été créé à partir

du XIV

e

siècle un glacis militaire. Cet espace était

surnommé

«lou grand caire»

, le grand côté, car il

longeait les murs de la ville entre la porte d’Aix

et son aqueduc et la porte réale, située à l’angle

que faisait l’enceinte pour rejoindre ensuite le port.

Ce lieu d’exception, entre les chemins d’Aix et de

Toulon, a pu servir de marché. Il était bordé par de

nombreuses auberges du côté des faubourgs et

décoré de fontaines.

Par la démolition de l’enceinte médiévale, l’agran-

dissement fait passer la superficie urbaine

intra-muros

(à l’intérieur des murs de la nouvelle

enceinte) de 70 à 195 hectares : c’est la plus impor-

tante opération d’urbanisme provençal de l’Ancien

Régime. Le projet urbain est géré par le bureau

d’agrandissement créé en août 1669. La compo-

sition urbaine et le tracé des nouvelles voies sont

l’œuvre de Gaspard Puget, frère de Pierre Puget,

et Mathieu Portal, architectes. Les rues de la ville

ancienne donnant sur le Cours sont mises par-delà

le Cours en continuité avec celles de l’actuel quar-

tier Belsunce, les anciens chemins étant réalignés.

Le Cours, établi à la suture de la ville ancienne et

de la ville nouvelle, va constituer un espace sans

équivalent par ses dimensions (40 m de large sur

400 m de long), par ses perspectives, ses planta-

tions arbustives et ses fontaines. Il devient un lieu

de prestige. L’historien L.-A. de Ruffi écrit en 1696

que le Cours fait de Marseille

«l’une des belles

villes du Royaume»

.

Au bas du Cours, les terrains situés au carrefour de

la «rue Canebière» et l’arsenal, le long du lieu-dit

Canebière, entre l’ancienne enceinte et les nou-

veaux quartiers, étaient réservés pour une place

royale, aux façades uniformes, écrin de la statue

équestre du roi comme il en existait déjà à Paris

(places Dauphine, des Vosges et des Victoires). Ces

terrains libres ont inspiré, pendant deux généra-

tions, des projets monumentaux auxquels prit part

P. Puget. Ne sera guère réalisé de la place royale,

sur l’alignement de la rive est du Cours, qu’un grand

îlot de treize fenêtres richement orné, construit

entre 1673 et 1677, qui aurait dû correspondre à un

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© MUSÉE D’HISTOIRE DE MARSEILLE

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