n°247 - Marseille au long des rues
Previous Page  11 / 129 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 11 / 129 Next Page
Page Background

LE TABLEAU DE MICHEL SERRE DE 1720 COMMÉMORANT L’ÉPIDÉMIE DE

PESTE.

La peste de 1720, pendant laquelle des mourants et

des cadavres s’y accumulent. Un tableau de Michel

Serre (1658-1733) et une gravure de Jacques Rigaud

(1680-1754), souvent copiée, en conservent le sou-

venir et montrent le décor baroque du Cours dans

sa fraîcheur. Pendant la Révolution, la célébration

de la fête de la Fédération le 14 juillet 1790 a donné

lieu à deux représentations. Enfin, sous la seconde

République, l’émeute du 22 juin 1848, qui entraîna

des barricades sur le cours Saint-Louis, a fait naître

l’étonnante maquette de Fortuné Lavastre, conser-

vée au musée d’Histoire de Marseille.

LA GRANDE PERSPECTIVE

QUI TRAVERSE MARSEILLE

Issus sans doute de la combinaison du modèle du

Corso

de Rome, longue artère urbaine, et de celui

du Cours-la-Reine parisien, promenade arborée

extérieure à la ville, les cours Lafayette de Toulon,

Mirabeau d’Aix, Belsunce et Saint-Louis de Mar-

seille ont fondé le modèle du cours provençal. Une

artère très large, définie alors comme une place

très allongée, est établie à l’emplacement d’une

portion de l’ancienne enceinte et de son glacis

à l’occasion d’un agrandissement. Elle sert à la

promenade et aux foires et constitue aussi un axe

majeur de circulation. Elle conjugue l’ombre des

arbres et la fraîcheur des fontaines et dans le cas

d’Aix et de Marseille, elle est également bordée

de beaux immeubles – selon un modèle peut-être

inspiré de la

Strada Nuova

de Gênes (actuelle via

Garibaldi).

Le Cours a été d’emblée prévu dans le tracé du plan

de la «ville nouvelle», décidé par lettres patentes

de Louis XIV le 16 juin 1666. Il constituera, avec la

rue d’Aix et la rue de Rome, une perspective rec-

tiligne de la porte d’Aix à la porte de Rome (située

à l’actuelle place de Rome) qui sera prolongée au

sud, à la fin de l’Ancien Régime, avec le tracé du

nouveau chemin de Rome (seconde partie de la rue

MARSEILLE AU LONG DES RUES

LE COURS DE MARSEILLE,

UNE FORME URBAINE

REMARQUABLE

PAR

FRÉDÉRIQUE BERTRAND

Architecte d.p.l.g.

© MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MARSEILLE

CLICHÉ FRÉDÉRIQUE BERTRAND

LE NOUVEAU «CARDO» DE MARSEILLE

I

10

I

Le Cours de Marseille (actuels cours Belsunce et cours Saint-Louis) a été très

admiré des voyageurs du XVIII

e

et du début du

XIX

e

siècle. Il a constitué une forme urbaine

remarquable. Toute sa rive ouest a été détruite

entre la fin du XIX

e

et le XX

e

siècle. Les îlots de la

rive est subsistent ; mais moins de 45% du gros

œuvre de leurs immeubles remonte à l’Ancien

Régime et les décors d’origine ont parfois disparu.

Nous saurions mal ce que fut le Cours s’il n’avait

été un des principaux sites de trois événements.