n°246 - Marseille et la grande guerre
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FEMME

DE SANG-FROID

«Enfin, je quitterai

[…]

cet hôpital où

j’ai apporté des lits, où j’ai empilé che-

mises, draps, bandes, où j’ai reçu les

premiers blessés, et puis les autres,

des foules d’autres, où j’ai vécu

d’une vie que je ne revivrai jamais,

où se sont passés les moments

les plus pleins de mon existence»

.

Avec sa rigueur d’historienne et sa

passion liée à la vie des femmes,

Hélène Échinard nous présente le

journal de Lucia Tichadou,

Infirmière

volontaire en 1914

, manuscrit qu’elle

a entièrement transcrit et annoté. Ce

texte émouvant et authentique, écrit

sur l’instant, consigne des moments

vécus et ressentis selon l’urgence,

le choc des images, des odeurs ou

des sons. Il s’en dégage aussi une

analyse des comportements hu-

mains en temps de guerre. Le tout

dans un style d’une grande clarté.

La force révélée de Lucia Tichadou

tient autant à sa personnalité qu’aux

circonstances. Après l’École Nor-

male Supérieure et quelques années

d’enseignement, elle choisit pendant

la Grande Guerre de devenir infir-

mière, pendant la Seconde Guerre

mondiale d’entrer dans la Résistance

et après la Libération de jouer un rôle

politique à Marseille. Par ses annota-

tions et sa connaissance du contexte

historique, Hélène Échinard nous

aide à comprendre l’engagement de

l’héroïne affrontant la vue du sang, la

destruction, la peur et la mort, mais

aussi son courage, sa persévérance,

sa capacité à faire des choix et ses

espoirs d’un monde meilleur. Ce

témoignage, soutenu par une illus-

tration choisie, participe au devoir

de mémoire : il montre la force de

ces femmes qui ont permis à celles

d’aujourd’hui d’accéder aux droits et

libertés que nous nous devons de

pérenniser.

Nicole Delor

INFIRMIÈRE EN 1914, journal d’une

volontaire, 31 juillet-14 octobre 1914

par Lucia Tichadou, présenté et annoté

par Hélène Echinard, Editions Gaussen,

2014, 112 p., 12 €.

ILS ETAIENT TROIS…

PARTIS SE BATTRE

Et, par chance, tous trois revinrent

de la Grande Guerre. Les frères Mar-

tin-Laval, trois garçons d’une fratrie

de six dans une famille marseillaise

bourgeoise, soudée, pieuse et évi-

demment patriote. Les sœurs, en

âge de le faire, seront infirmières ;

deux des garçons, Antoine, caporal

infirmier, et Fernand, sergent artifi-

cier, sont immédiatement incorporés

tandis qu’André, pourtant réformé,

se porte volontaire et sera simple

soldat. Ajoutez à cela, la petite sœur,

les deux parents, une épouse et

une fiancée et vous avez un corpus

consistant pour fournir un gros vo-

lume de correspondances familiales

croisées dans lequel les trois poilus

tiennent la majeure place, car ils ont

laissé aussi des carnets de route

pris sur le terrain, en partie réécrits

a posteriori et dactylographiés. Ces

sources diverses préservées par

la fille d’André, Mireille Martin-La-

val, déposées par elle depuis 2008

aux Archives Départementales des

Bouches-du-Rhône, sont présen-

tées par Serge Truphémus, profes-

seur d’histoire, passionné par

«le

destin des hommes dans la Grande

Guerre»

. C’est son choix qu’il nous

livre dans cet ouvrage, parmi ce long

métrage d’archives, en nous plon-

geant dans l’enfer des soldats. On

comprend mieux aussi comment ils

ont pu «tenir» au moral, grâce à ces

bouts de papier circulant du front à

l’arrière ou de l’arrière au front. La

famille Martin-Laval y apparaît exem-

plaire ; bien d’autres n’ont pas eu

la chance de voir leur témoignage

écrit et iconographique aussi pré-

cieusement conservé et habilement

exploité.

Hélène Échinard

TROIS FRÈRES EN GUERRE,

Martin-Laval, une famille de Marseille

en 1914-1918

présenté par Serge Truphémus, préface

de Jean-Yves Le Naour, collection

Destins de la Grande Guerre, Editions

Privat, 736 p., 28 €.

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