n°245 - Marseille des collines
Previous Page  7 / 129 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 7 / 129 Next Page
Page Background

LE RÔLE DE L’ÉROSION

Pour en revenir à notre historique, ces formations

correspondent donc à des dépôts marins dont le

faciès le plus ancien observable remonte au Juras-

sique moyen (environ 170 Ma). Cette sédimenta-

tion marine s’est poursuivie jusqu’a la fin du Crétacé

inférieur (100 Ma).

Elle ne s’est pas déroulée de façon homogène : en

fonction de la profondeur marine et de l’ouverture

à la mer (influant ainsi sur l’énergie de dépôt des

sédiments), nous avons des calcaires de différentes

qualités de faciès, d’épaisseur de banc (pouvant

atteindre jusqu’à plusieurs dizaines de mètres),

avec des niveaux plus riches en marne (calcaire

contenant de l’argile, lui donnant une consistance

plus tendre).

Cette alternance de faciès donne une structure

en « bancs » du relief, dont l’érosion ultérieure

peut laisser penser à des marches d’escalier pour

géants. Le mont Puget dans les Calanques en est

un bon exemple.

Un autre phénomène érosif caractéristique est

celui lié à la dolomitisation. Les calcaires contenant

une certaine quantité de magnésium peuvent subir

une modification de leur composition chimique, les

transformant en dolomies. Cette roche est moins

soluble que le calcaire au CO

2

contenu dans l’eau

de pluie. La dolomitisation ne se faisant pas de

façon homogène, nous avons un phénomène de

dissolution préférentielle, donnant ainsi un relief

dit

ruiniforme

. C’est ce que nous appelons les

fameuses « candelles » dans les Calanques.

Une question se pose toutefois : comment ces

fonds marins ont pu se retrouver à la surface, avec

des hauteurs pouvant atteindre plusieurs centaines

de mètres ?

LES MOUVEMENTS DE TERRAIN

La tectonique des plaques peut expliquer cette

situation. Déjà, au Crétacé supérieur, les mouve-

ments de ces dernières ont affecté la région. Mais

c’est un événement de plus grande ampleur qui

bouleversera plus fortement le paysage local.

En effet, dans l’hypothèse avancée par Gérard

Guieu, le raccourcissement de l’espace entre

l’Afrique et l’Europe qui a débuté à l’Eocène

(55 - 34Ma) a provoqué un bombement de la croûte

terrestre centré au niveau de l’actuel Golfe du Lion,

I

06

I

CALANQUE DE SUGITON ET DES PIERRES TOMBÉES VUES DU CHEMIN DU CENTAURE OU DU GR98.

© SOPHIE GUILLERMAIN - VILLE DE MARSEILLE