n°245 - Marseille des collines
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Au Nord, l’autoroute A55 descend dans le bassin

depuis le relief de la Nerthe. Elle prend appui sur

des passerelles pour enjamber les espaces rétro-

portuaires et rejoint le sol avant de s’engouffrer

sous le Vieux-Port.

Le socle calcaire offre à la ville les matériaux néces-

saires à sa construction. Les traces des prélève-

ments sont encore bien visibles dans le paysage.

Souvent, les anciennes carrières deviennent l’habi-

tat d’une faune rare, protégée, discrète.

ADAPTER LE SOCLE

POUR CONSTRUIRE LA VILLE

Ouvrir des voies de communication vers l’Ouest de

Marseille n’a pu se faire sans adapter le socle col-

linaire de la Nerthe. Quatre tunnels le traversent :

la ligne de chemin de fer Paris-Lyon-Marseille,

la voie TGV qui utilise le Tunnel de Marseille et

l’autoroute A55 qui emprunte le tunnel des Treize

Vents pour traverser une ligne de crête. Le tunnel

du Rove, quant à lui, était ouvert dans les années

1920 à la navigation et reliait l’étang de Berre aux

espaces portuaires marseillais. Effondré depuis

1963, il attend de retrouver un usage. Bien plus

spectaculaire, en tout cas dans le paysage, la série

de viaducs qui supporte la voie ferrée de la Côte

Bleue et lui permet de quitter le quartier de l’Es-

taque en longeant un tracé de côte particulièrement

abrupt. Construits en calcaire blanc, ces ouvrages

d’art donnent au lieu une identité visuelle magnifiée

par les peintures de Cézanne, Braque…

En 1840, Marseille avait été bouleversée par la

construction des infrastructures portuaires de la

Joliette. Vingt-cinq ans plus tard, le nouveau port

fut relié à la vieille ville au prix du creusement d’une

tranchée de 15 mètres de profondeur et de 1 km de

long dans la butte des Carmes. Ainsi naquit la rue

Impériale, rebaptisée rue de la République en 1870.

La ligne 1 du tramway emprunte un tunnel qui tra-

verse la Plaine. Cet ouvrage, construit à la fin du

XIX

e

siècle pour faire passer le Chemin de fer de

l’Est-Marseille, atténue une pente dont la raideur

aurait été critique pour la circulation des véhicules

sur rail.

Intimement liés au relief, les cours d’eau marseil-

lais ont été reniés par la ville, busés, couverts ou

détournés au profit des espaces urbanisés. Leur

présence dans le paysage urbain est devenue spo-

radique. A l’occasion d’événements pluvieux très

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LE ROUCAS-BLANC, UN FLANC DE COLLINE HABITÉ, UNE RESTITUTION DU QUARTIER DU ROUCAS-BLANC DEPUIS NOTRE-DAME DE LA GARDE.

© RÉALISATION ÉLÉONORE SALWA/AGAM - 2013