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reliefs, tels l’éperon de la Viste ou encore les buttes

de Saint-Laurent, des Moulins et des Carmes qui

dominent la vieille ville…La toponymie réserve par-

fois des surprises. Ainsi l’espace en plateau occupé

par la place Jean-Jaurès est devenu « la Plaine ».

Points hauts et places fortes vont souvent de pair

et l’imaginaire collectif nous emmène à l’emblé-

matique entrée du Vieux-Port dominée par les

forts Saint-Jean et Saint-Nicolas. Au Frioul, espace

parfois oublié, les sommets des îles Pomègues et

Ratonneau sont occupés par des installations mili-

taires de divers âges qui font corps avec le relief

rocheux : forts, batteries de tir…

Marseille, c’est aussi la confrontation des éléments.

Une côte rocheuse, abrupte, qui offre des sites en

balcons sur la mer, puis plonge et retrouve la sur-

face sous la forme de chapelets de petites îles.

Un tel littoral ne permet pas la formation naturelle

de plages ensablées. Celles du Prado, gagnées

artificiellement sur la mer grâce aux déblais du

métro et du creusement de la station d’épuration,

complètent la typologie des espaces offerts par le

socle avec un équipement balnéaire à la mesure

de la ville.

Cette configuration en amphithéâtre, parsemée de

reliefs plus ou moins marqués, joue bien sûr un rôle

de premier ordre dans l’organisation urbaine. Le

contournement autoroutier de la ville est quasiment

impossible. Les grandes voies de communications

finissent en butée sur la mer ou dans la ville. La

gare Saint-Charles, gare centrale qui accueille les

grandes lignes TGV, est installée en pleine ville au

sommet d’un relief : la colline Saint-Charles. Ici,

c’est un escalier monumental, construit lui aussi

en pierre de taille calcaire, que les piétons peuvent

emprunter pour descendre en centre-ville.

Bénéficier d’un tel site pour y établir et faire fonc-

tionner la deuxième ville de France ne va pas sans

difficultés. Le développement de Marseille a sou-

vent fait appel au génie civil pour composer avec

un relief omniprésent. Conséquence : des ouvrages

d’art parfois spectaculaires ponctuent Marseille.

CONSTRUIRE LA VILLE AVEC

LES OPPORTUNITÉS DU SOCLE

La couronne collinaire autorise deux connexions

naturelles avec les territoires limitrophes : le col

de la Viste au Nord et la vallée de l’Huveaune au

Sud. Ces passages bas concentrent la plupart des

voies de communications : autoroutes, voies fer-

rées vers Aix-en-Provence ou vers Aubagne… Le

canal de Marseille, ouvrage destiné à l’alimentation

en eau de la ville, prend appui sur les contreforts

des massifs et y trouve la déclivité nécessaire à

l’écoulement gravitaire de l’eau tout au long de son

parcours. Ce ruban d’eau qui serpente autours de la

ville a longtemps contenu l’urbanisation. Une limite

désormais dépassée.

Des encorbellements surplombant la mer sont

devenus le support de voies routières comme

la Corniche Kennedy ou la route des Goudes…

MARSEILLE, UNE VILLE INCRUSTÉE DANS SA GÉOGRAPHIE, VUE DEPUIS LA BATARELLE, MAI 2013.

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© HERVÉ THEDY/AGAM