n°244 - Ils ont peint à Marseille
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FIG. 5 :

ÎLOT 55, RELEVÉ DU DÉCOR MURAL PEINT.

FIG. 6 :

FRANÇOIS-MOISSON, LA FOUILLE, AU PREMIER PLAN ENDUITS PEINTS ET, EN ARRIÈRE

PLAN, SOL MOSAÏQUÉ.

© M. MOLINER

© CLICHÉ N. NIN, INRAP

LES FAUX MARBRES POLYCHROMES

À PARTIR DE 50 AV. J.-C.

«Les premières choses que les anciens aient repré-

sentées sur les enduits sont les différentes bigar-

rures du marbre»

(Vitruve).

Les faux marbres apparaissent dans la cité pho-

céenne vers 50 av. J.-C. concomitamment aux mai-

sons de Glanum et sont observés jusqu’au III

e

siècle.

La peinture, toujours influencée par le modèle

architectural, se théâtralise en apportant du mou-

vement par le jeu polychrome et l’illusion. Elle joue

sur la gamme des pigments naturels mettant en

œuvre des techniques picturales variées : mouche-

tis rouges sur fond blanc, noirs sur fond rouge bor-

deaux, gris sur blanc, bigarrures auréolées ocrées

sur fond blanc, petites taches claires sur fond ocre,

ou rouge sur fond rosâtre. S’il est difficile d’identi-

fier un marbre en particulier, on est saisi par l’effet

de réalisme.

Dans une maison du chantier du Tunnel de la Ma-

jor, datée de 50 av. J.-C., les sols en

opus signi-

num

remontaient sur une vingtaine de centimètres

en un beau placage mural moucheté orangé et des

fragments d’enduits imitant le marbre furent dé-

couverts dans le niveau de démolition augustéen.

Plusieurs tonalités sont observées, ocrées, bor-

deaux moucheté blanc, noir et bleu, cloisonnés par

des bandes bordeaux plus foncées

(Fig. 3)

. Des

éléments d’architecture, pilastre, entablement ou

prédelle… sont évoqués par des filets de tonalités

en dégradés de bleus, noir et gris produisant des

effets de relief

(Fig. 4)

. Ces schémas ne sont pas

sans rappeler à nouveau le traitement des zones

inférieures et médianes de la maison aux deux

Alcôves, XVIII, de Glanum de même époque,

à laquelle A. Barbet, spécialiste des peintures

murales, trouvait d’ailleurs une référence pom-

péienne : le

cubiculum

3 de la villa des Mystères

daté des années 60 av. J.-C.

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FIG. 3 :

TUNNEL DE LA MAJOR, LES FAUX MARBRES.

© CLICHÉ A.-M. D’OVIDIO

FIG. 4 :

TUNNEL DE LA MAJOR, HYPOTHÈSE DE RESTITUTION DU DÉCOR.

© CLICHÉ A.-M. D’OVIDIO