n°243 - Le Musée d'Histoire
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Le patrimoine antique

in situ

est sans doute l’un des

points forts du projet de rénovation du musée d’His-

toire. Le site archéologique de la Bourse-Port an-

tique et les horrea (entrepôts) du musée des Docks

romains sont deux lieux conservant des vestiges

antiques grecs et romains, classés Monuments

Historiques. Le public découvre ces sites le long de

rues (Grand-Rue, rue Fiocca, rue Caisserie) qui ont

conservé le tracé de l’ancienne voie grecque puis

romaine. Cette voie pénètre dans la ville par la porte

hellénistique, puis structure l’espace urbain jusqu’au

Fort Saint-Jean. Ainsi, lorsque vous empruntez cet

itinéraire qui est valorisé dans le cadre de l’exten-

sion numérique du musée, vous cheminez dans la

plus ancienne rue de France, qui présente vingt-six

siècles d’histoire à travers une quinzaine de sites

protégés au titre des Monuments Historiques.

LA VILLE FIGURÉE : REPRÉSENTATIONS ET

RÉALITÉS

Depuis son origine, Marseille se voit parée de repré-

sentations fortes par ses habitants ou par des obser-

vateurs extérieurs. Le mythe de fondation de Gyptis

et Prôtis appartient à cette légende urbaine dont le

récit se poursuit de nos jours. Le musée s’est donné

pour objectif de recenser ces clichés, ces images

et de souligner leurs contradictions et paradoxes (la

ville rebelle et la ville légitimiste, la ville qui tourne le

dos à son port et la ville maritime coupée de son ter-

ritoire, la ville criminelle et la ville fraternelle…), leurs

permanences, leurs mutations et de déconstruire

ces représentations. Nous nous appuyons sur la

moitié des collections du musée d’Histoire de Mar-

seille et du musée du Vieux-Marseille, soit près de

25 000 œuvres et documents (peintures, gravures,

dessins, photographies, affiches…) visibles dans

le parcours d’exposition permanent, sous forme

d’originaux ou de productions multimédia, dans le

cabinet d’arts graphiques du musée d’Histoire de

Marseille et sur les bases de données des formats

numérisés. Ce matériau est analysé par l’équipe du

musée, par le comité scientifique et les groupes de

travail mis en place depuis deux ans.

LES OBJETS ONT LA PAROLE

L’une des originalités d’un musée d’Histoire dans

la grande famille des musées est de partir d’un dis-

cours historique et de l’étayer par des témoinsmaté-

riels, les collections, et d’autres supports. La valeur

des collections tient en grande partie à leur bonne

documentation permettant de pouvoir faire parler

les objets et de transmettre ces informations. Les

pièces archéologiques, par exemple, se confrontent

ainsi à des œuvres graphiques (peintures, gravures,

photographies), à des objets ethnographiques, des

films, des dispositifs multimédia qui contextualisent

les découvertes archéologiques, des maquettes,

des cartes, des dessins, des repères chronolo-

giques et des textes. Grâce aux travaux des cher-

cheurs, le musée dispose d’un comité scientifique

d’une vingtaine d’experts. Les collections qui sont

présentées incarnent, en terme d’usages, de pro-

ductions, d’échanges, de symboles, les hommes et

les femmes, inconnus ou célèbres, qui participent à

l’histoire de Marseille. Ces témoins mobiliers, près

de 4 000 sont présentés, sans compter les créa-

tions multimédia, donnent une nouvelle matérialité

à l’histoire de la cité phocéenne. Le public peut ainsi

toucher du doigt un continuum historique de plus de

26 siècles.

Le musée d’Histoire de Marseille n’a quasiment pas

fait de nouvelles acquisitions. Il s’est appuyé sur le

prêt et dépôt de collections, tout d’abord des autres

musées municipaux (musée du Vieux-Marseille,

musée d’Archéologie méditerranéenne, musée

des Beaux-Arts, musée des Arts décoratifs, de la

Faïence et de la Mode, musée Cantini, Cabinet des

Monnaies et Médailles de Marseille, puis d’autres

institutions culturelleset patrimoniales (Département

des Recherches Archéologiques Subaquatiques et

Sous-Marines, Service Régional de l’Archéologie,

Observatoire de Marseille, musée de la Résistance

Jean Garcin…). Chaque séquence du parcours se

déploie autour d’un objet-phare (une figure de proue

du XVIII

e

siècle, une amphore massaliète hellénis-

tique…), d’une rencontre avec un grand témoin (le

marin et géographe Pythéas, Jules César, le héros

d’Alexandre Dumas Edmond Dantès…) et un scien-

tifique qui resitue le contexte du personnage et de la

séquence chronologique dans laquelle il vit.

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ESPACE DÉDIÉ AUX CULTES ANTIQUES.

© ANDRÉ RAVIX - DIRCA - VILLE DE MARSEILLE