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Le deuxième plateau, situé face à la ville et notam-

ment à Notre-Dame de la Garde, évoque Marseille

entrant dans le giron du royaume de France en 1481,

les relations avec l’Italie et les Guerres de religion.

Dans la seconde moitié du XVII

e

siècle, le Roi-Soleil,

Louis XIV, dote la ville d’un nouvel arsenal des ga-

lères pour rayonner militairement en Méditerranée.

Deux citadelles seront bâties, le Fort Saint-Jean et le

Fort Saint-Nicolas, qui affirment le pouvoir militaire

royal. Enfin, l’urbanisme de la ville est profondément

remanié par l’édification de nouveaux quartiers qui

vont tripler la surface de Marseille. Le début du

XVIII

e

siècle est marqué par la Grande Peste de 1720

présentée dans un espace thématique consacré aux

épidémies et au système de quarantaine. Le pro-

grès des sciences à Marseille à travers son Acadé-

mie et son observatoire développe notamment l’art

de la navigation qui permet à Marseille de lancer ses

navires à l’assaut des océans. Cette séquence se

clôt par la Révolution française et l’histoire du Batail-

lon des Marseillais qui donnera son nom à l’hymne

de

La Marseillaise

.

Pour la première fois, le troisième plateau lève le

voile sur la période contemporaine de Marseille, une

ville devenue 4

e

port mondial dans la seconde moitié

du XIX

e

siècle. La création du port et des docks de

la Joliette, entre routes maritimes et voies ferrées,

déplace alors le centre de gravité économique de la

cité. Le visiteur peut admirer un plan-relief de Mar-

seille de 1850, réalisé par Fortuné Lavastre reprodui-

sant la révolution de 1848 dans les rues deMarseille.

La transition entre les séquences du XIX

e

et du XX

e

siècle est illustrée par le passage de témoin entre les

images fixes de Nadar et des autres photographes

marseillais et les films des Frères Lumière consacrés

à Marseille. Nous pénétrons dans cette séquence

en passant sous le Pont à transbordeur, puis nous

découvrons une ville marquée par les deux guerres

mondiales et de profonds mouvements migratoires.

La dernière séquence de ce plateau présente une

maquette du port des années 1930 actualisée dans

les années 1950. Des appartements témoins de la

seconde moitié du XX

e

siècle évoquent les migra-

tions, la construction des grands ensembles, l’évo-

lution de l’image de la ville, ainsi que son bouillonne-

ment culturel (les théâtres, cinémas) et sportif (l’OM,

le Cercle des Nageurs Marseillais …).

Enfin, à l’issue du parcours muséographique, la der-

nière séquence présente, en mezzanine, au dessus

des périodes les plus anciennes, la ville de demain,

projetée et imaginée.

L’ARCHÉOLOGIE AU SERVICE

DE LA TRANSMISSION DE L’HISTOIRE

Les collections archéologiques du musée d’His-

toire de Marseille sont le fruit de grands chantiers

de fouilles urbaines terrestres (fouilles de la Bourse,

des places Jules-Verne et Villeneuve-Bargemon, de

l’Alcazar, de la rue Malaval…), mais également sous-

marines. L’existence d’un dépôt archéologique

municipal, qui accueille l’ensemble du mobilier issu

de ces fouilles menées essentiellement par l’IN-

RAP, permet au musée d’Histoire de Marseille de

disposer d’un gisement inépuisable de collections

renouvelant le discours historique et la présentation

muséographique. La richesse des collections s’ex-

plique également par un partenariat fructueux avec

le Département des Recherches Archéologiques

Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) situé

à Marseille dans le quartier de l’Estaque. De nom-

breuses épaves et autres sites immergés (dépotoir

de curage des Catalans, Quarantaine des îles du

Frioul) ont été fouillés dans la rade de Marseille. L’ar-

chéologie est très présente dans lemusée d’Histoire

de Marseille ainsi qu’au musée des Docks romains

grâce à l’implication des archéologues municipaux.

Ce dialogue entre archéologues et l’équipe du mu-

sée permet une respiration des collections archéolo-

giques, c’est-à-dire des mouvements de collection

entre le dépôt archéologique et le musée avec, en

toile de fond, la question suivante : qu’est ce qui re-

lève d’une collection de musée ou d’une collection

de dépôt archéologique ? Par ailleurs, cela renforce

la chaîne patrimoniale qui s’articule entre la décou-

verte de l’objet lors de la fouille jusqu’à son étude, sa

restauration et sa valorisation dans le musée.

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PROUE DE LA FRÉGATE

LA POMONE

, XVIII

e

-XIX

e

SIÈCLE.

© ANDRÉ RAVIX - DIRCA - VILLE DE MARSEILLE