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POUR ÊTRE, IL FAUT AVOIR ÉTÉ

Marseille n’est pas une utopie, ce n’est pas une

ville supposée, son apparence peut être secrète,

ses règles parfois absurdes et ses perspectives

trompeuses, mais Marseille est une ville réelle qui

ne refuse pas son Histoire. La réalité est là, la ville

est là, dans ce musée qui nous invite à un voyage

dans l’espace et le temps où tout commence par

l’accostage des Phocéens dans la corne du Port an-

tique, c’est-à-dire, dès sa naissance, dans une action

gouvernée par la raison et le hasard. Ce musée qui

rend visible le lien qu’elle entretient avec son His-

toire, porte témoignage d’une construction humaine

avec son orgueil et son ambition, ses peurs et ses

souvenirs, ses désirs et sa quête d’amour. Marseille

s’y dévoile, alliance de la terre et de l’eau, ville des

morts et des vivants, des rats et des hirondelles,

rêvant de paradis et acceptant l’enfer, précédant

ou accompagnant les changements du monde en

essayant d’y imposer ou d’y trouver sa place.

L’HISTOIRE DE MARSEILLE,

C’EST MON HISTOIRE

Celle d’un très vieux carrefour vers lequel tout a

convergé, creuset de tant de migrations et de tant

de cultures qui s’y sont rencontrées, opposées, ré-

conciliées, fécondées et enrichies !

Ce musée est celui du bois des épaves des bateaux

qui ont transporté les premiers immigrés, les pre-

miers déracinés. C’est celui des pierres brutes de

cette ville qu’ils ont fondée en même temps qu’ils

s’y bâtissaient un destin et s’y enracinaient.

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LE MUSÉE D’HISTOIRE

Marseille

MON REGARD SUR

LE MUSÉE D’HISTOIRE

DE MARSEILLE

PAR

ROLAND CARTA

Architecte

L’Architecture se nourrit de tout, et, chez moi, elle est nourrie principalement

de musique et de lecture. Le concours du musée d’Histoire de Marseille a

ainsi coïncidé avec celle des

Villes Invisibles

d’Italo Calvino, long dialogue

imaginaire entre Marco Polo et Kublai Khan, dans lequel s’exprime, au

travers de la description de villes utopiques, les désirs de l’homme et sa soif

de comprendre, de connaître et de se connaître. Le chapitre «les villes et la

mémoire» développe la perspective existentielle du présent qui reste ouverte

dans le Musée et que l’Histoire éclaire.

UN MUSÉE CONTEMPORAIN DANS UN SITE ANTIQUE.

© CARTA ASSOCIÉS - STUDIO ADELINE RISPAL - PHOTO SERGE DEMAILLY