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l’histoire d’une ville riche de 2 600 ans d’existence.

Pour composer avec ces limites, la dynamique du

musée reposait davantage sur une politique d’ex-

positions temporaires placées sous la direction

de Myriame Morel, alors conservateur du musée

d’Histoire. Parmi les plus significatives, citons :

«Le temps des découvertes, Marseille de Protis à

la reine Jeanne» en 1993, «Le Vert et le Brun, de

Kairouan à Avignon, céramique du X

e

au XV

e

siècle»

en 1995, «La Ville figurée, plans et vues gravés de

Marseille, Gènes et Barcelone» en 2005 ou encore

«Portraits d’industrie, collections du musée d’His-

toire de Marseille» en 2003…

Pendant toute cette période, les collections –peu

exposées faute d’espace- s’enrichirent de nouvelles

pièces liées à d’importantes découvertes archéolo-

giques (vestiges d’époque médiévale, moderne et

contemporaine), à un patrimoine industriel rendu

obsolète par l’évolution technologique ou la trans-

formation de pans entiers de l’activité économique,

aux prémices de la communication moderne mar-

qués par la multiplication d’affiches et d’objets publi-

citaires… Dans le même temps, les collections de

l’ancien musée d’archéologie du Château Borély,

portant essentiellement sur les périodes antiques,

furent versées au musée d’Histoire, tandis qu’une

convention passée avec les services régionaux de

l’archéologie prévoyait qu’il en fut autant pour les

produits des fouilles urbaines.

LA RENAISSANCE DU MUSÉE D’HISTOIRE

La conservation des vestiges antiques, objets de

dégradations liées à la fréquentation du site, n’étant

pas garantie, le jardin finit par être fermé.

Manquant de visibilité, le musée d’Histoire enre-

gistrait alors une fréquentation décevante pour un

équipement culturel de centre ville. Sa disparition

fut même un temps envisagée, au profit d’une

recomposition du paysage muséal, organisé en

pôles thématiques qui rassembleraient les collec-

tions différemment.

Adjoint délégué au Patrimoine, l’architecte André

Malrait qui avait plaidé, dès l’origine auprès de Gas-

ton Defferre, l’idée de créer là un musée, a relancé

le projet de développer celui-ci et de l’étendre, avec

les surfaces adéquates, à l’ensemble des époques

historiques allant de l’Antiquité à nos jours.

La désignation de Marseille en tant que Capitale eu-

ropéenne de la culture en 2013 allait conforter l’atout

majeur que représente, pour Marseille, la présence

en cœur de ville, sur le site même de sa fondation,

à deux pas du Vieux-Port et de sa nouvelle fréquen-

tation touristique internationale, d’un grand musée

d’Histoire à la superficie triplée.

En juin 2010, Jean-Claude Gaudin faisait adopter à

l’unanimité du conseil municipal de Marseille la déli-

bération qui devait conduire à la concrétisation de

cet ambitieux projet.

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L’ESPACE CONSACRÉ À LA PÉRIODE ROMAINE AVEC, À GAUCHE, LE MOULAGE DU FOUR DE POTIER DE LA BUTTE DES CARMES, ET, À DROITE, DES DOLIA ET AMPHORES

(VINAIRE, À SALAISON ET À HUILE). IL FAUT NOTER LA PRÉSENCE DE LA MAQUETTE GRANDEUR NATURE DE L’ÉPAVE DE L’ANSE DES LAURONS (FOS).

© PATRICK RODRIGUEZ - VILLE DE MARSEILLE