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philologue, historien et écrivain, Prosper Mérimée.

A sa demande, la Commission des Monuments

Historiques, créée en 1837 principalement pour

répartir les fonds de l’Etat au bénéfice de la sauve-

garde de monuments jugés importants, fera appel

en 1840 à des architectes connaissant la structure

des édifices anciens. La première liste formalisée

des monuments pour lesquels des secours ont été

demandés date précisément de 1840 : pour Mar-

seille y figurent le «Musée de Marseille» (alors dans

l’ancienne chapelle des Bernardines – Lycée Thiers),

les «Tombeaux de l’abbaye Saint-Victor», les «Caves

de Saint-Sauveur» (vastes structures d’époque hel-

lénistique, au sud de la place de Lenche, réutilisées

en sous-sol par les Bénédictines de Saint-Sauveur,

reconnues depuis le XVII

e

siècle par les érudits mar-

seillais, en grande partie détruites en 1858 par le

propriétaire d’alors), «l’Eglise de la Major», «la Tour

de Saint-Jean» (du Fort Saint-Jean), la «Butte de

Milon» (non pas les vestiges de la Maison de Titus

Anneus Milon, probablement un édifice médiéval,

rue des Grands Carmes, détruit au début du XIX

e

siècle, mais en fait le Buste de Milon, croit-on, placé

dans une niche de la façade de ce même édifice),

«la Porte Joliette» (détruite avec les grands travaux

du Second Empire), «l’Autel Saint-Lazare» (l’admi-

rable chapelle Renaissance Saint-Lazare, à double

arcature, due au sculpteur Francesco Laurana et

achevée en 1481), pourtant dans «l’Eglise (cathé-

drale) de la Major», «la Vieille-Major».

La loi du 31 décembre 1913 prend appui sur un

premier dispositif législatif, la loi du 30 mars 1887,

fondamentale. Elle en dépasse les limites (poursuite

de la dégradation de monuments majeurs ; situation

générale du patrimoine religieux ; édifices comme

objets ; dépeçages et exportations d’édifices, on

pense d’abord aux cloîtres en Languedoc et Roussil-

lon), en renforçant le régime du classement par des

sanctions civiles et pénales et celui du classement

d’office étendu aux propriétés privées, en créant les

procédures de travaux d’office et d’instance de clas-

sement, en élargissant à l’intérêt public ce qui relevait

jusqu’ici de l’intérêt national, enfin en affermissant le

régime des objets appartenant aux particuliers.

Mais cette loi de 1913, qui systématise et renforce

le droit du monument historique inauguré par la loi

de 1887, qui met en œuvre un intérêt public très

puissant, est plus encore une loi matricielle : disposi-

tif ferme et dispositif intelligent, souple, car ce socle

enrichi par d’autres apports (inscription, abords)

reste celui, depuis 2004, du Code du Patrimoine, et

inspire toujours, y compris dans l’organisation admi-

nistrative et budgétaire, de nombreuses nations.

QUATRE-VINGT TROIS ÉDIFICES CLASSÉS

OU INSCRITS

La loi du 31 décembre 1913 établit une liste des

immeubles classés à sa promulgation ; Marseille

n’y compte plus que quatre monuments, à l’égal de

Tarascon ou Saint-Rémy, alors qu’Arles et Les Baux

en présentent dix-huit chacune, Aix-en-Provence dix

(dont aucun de ses cent cinquante hôtels particuliers

des XVII

e

et XVIII

e

siècles).

Figurent ainsi la Cathédrale Sainte-Marie-Majeure (la

Nouvelle), l’Ancienne église (cathédrale) de la Major

et toujours les Caves de Saint-Sauveur (dont on a

vu le sort), l’Eglise de l’abbaye Saint-Victor et ses

souterrains (les cryptes, anciennes églises succes-

sives). Plusieurs monuments ont ainsi disparu des

listes (très maigres pour Marseille) de 1860, 1862,

1875 et 1887.

Aujourd’hui quatre-vingt-trois édifices sont classés

ou inscrits au titre des monuments historiques, le

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STATUE DE SAINTE MARIE-MADELEINE DE L’AUTEL SAINT-LAZARE, DUE AU SCULPTEUR FRANCESCO

LAURANA (1481), DANS LA CATHÉDRALE DE LA VIEILLE-MAJOR.

© ANGE LORENTE - VILLE DE MARSEILLE