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LA NOTION DE MONUMENT

HISTORIQUE SE DESSINE

AVEC LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

Les élus du peuple appellent à faire table rase de

l’Ancien Régime, mais décident de conserver le

patrimoine comme partie intégrante de l’identi-

té nationale.

En 1789

Les biens nationaux sont constitués par les biens réqui-

sitionnés du clergé, de la Couronne et des nobles qui ont

fui le territoire. Dans un premier temps, la vente des biens

confisqués devait servir à renflouer les caisses de la Na-

tion. Par la suite, l’État prend conscience de sa responsabi-

lité et sélectionne dans ces nouvelles propriétés publiques

celles qui méritent d’être conservées et transmises aux

générations futures.

Le 15 mars 1794

La Commission des Arts adopte une

«Instruction sur la

manière d’inventorier et conserver dans toute la Répu-

blique tous les objets qui peuvent servir aux arts, aux

sciences et à l’enseignement»

.

1830

Sous la monarchie de Juillet, le ministre de l’Intérieur Fran-

çois Guizot crée le premier poste d’inspecteur général

des Monuments Historiques, pour recenser les édifices

remarquables, prescrire les travaux de conservation et

répartir les crédits destinés à leur sauvegarde.

En 1837

Est créée la première Commission Supérieure des Monu-

ments Historiques dont la responsabilité est confiée à

Ludovic Vitet, puis à Prosper Mérimée.

1840

Une première liste des monuments dont le recensement

est considéré comme urgent est établie. Elle constate

l’existence et fait la description critique des monuments

préhistoriques et des édifices antiques et médiévaux du

royaume qui présentent un intérêt pour l’art ou pour l’his-

toire. Ne figurent sur cette liste ni les monuments publics

(palais et châteaux nationaux...), ni les bâtiments civils ou

commémoratifs qui ont déjà une affectation ou un usage

public. Grâce au travail de la «Commission Supérieure

des Monuments Historiques», le nombre de Monuments

Historiques répertoriés passe de 934 en 1840 à 3 000

en 1849. D’autres listes viendront jusqu’en 1875 étoffer

le recensement des Monuments Historiques. Mais la

Commission ne dispose d’aucun moyen juridique. Elle est

impuissante face aux initiatives privées, communales ou

départementales, et ses recommandations restent sou-

vent lettre morte auprès des élus.

30 mars 1887

La première loi française sur la conservation des Mo-

numents Historiques et objets d’art est adoptée. Elle

contient en germe toutes les dispositions qui fondent

notre droit actuel en matière patrimoniale. Elle normalise

les règles de conservation du patrimoine et détermine

les conditions d’intervention de l’Etat pour la protec-

tion des Monuments Historiques. Elle instaure le corps

des Architectes en Chef des Monuments Historiques

(ACMH)...

LES MONUMENTS HISTORIQUES

Marseille

LES GRANDES ÉTAPES

DE LA PROTECTION

DES MONUMENTS HISTORIQUES

PAR

LA DIVISION MONUMENTS HISTORIQUES, SERVICE ÉTUDES ET CONDUITE

D’OPÉRATIONS, DIRECTION DES CONSTRUCTIONS ET DE L’ARCHITECTURE,

DÉLÉGATION GÉNÉRALEVALORISATION DES ÉQUIPEMENTS,VILLE DE MARSEILLE

Mise en place progressivement, la protection des Monuments Historiques

s’inscrit véritablement dans la loi du 31 décembre 1913, il y a cent ans !