n°242 - Les monuments historiques
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L’UNITÉ D’HABITATION DE MARSEILLE PAR LE CORBUSIER.

© FRÉDÉRIC DADENA VDM

systématique et approfondi reste à organiser pour

faciliter leur compréhension, leur sauvegarde et leur

revalorisation historique et économique.

Aux antipodes historiques –sachant aussi que le pé-

rimètre communal comprend un site préhistorique

d’importance mondiale, la grotte Cosquer, avec ses

deux périodes d’occupation remontant à 27 000

et 19 000 ans–, et en dédoublement de la rade en

quelque sorte, la ville est ceinturée par des oppida

jusqu’à la période protohistorique tardive indigène :

plusieurs sont classés ou inscrits, d’autres justifie-

raient une protection conservatoire, leur point com-

mun traduit une difficulté majeure à les conserver.

ENTRE ÎLOT DE PROTECTION

ET URBANISATION

Nous touchons là le fondement de la protection au

titre des monuments historiques ; nous l’avons vu

avec la liste de 1840, et la loi du 31 décembre 1913

l’a ancré : l’objectif premier du classement (et de

l’inscription créée en 1924) tient à assurer le sauve-

tage et la conservation du monument, c’est avant

tout un outil opérationnel ciblé sur un monument,

ou un ensemblemonumental, devant concentrer les

moyens d’études et de travaux, y compris le simple

entretien, avec les limites de cette individualisation.

Le monument est souvent un objet déconnecté de

son espace historique ainsi que de ses fonctions

et pratiques initiales, il est souvent tronqué (de cer-

taines de ses parties, de ses décors, de ses mobi-

liers, de ses aires propres), souvent isolé, réifié dans

les évolutions urbaines, sociales et économiques.

L’industrialisation culturelle des trente dernières

années a permis d’apporter des réponses, parfois

brutales et empressées, en réintégrant nombre de

monuments dans l’économie, celle du tourisme et

du développement territorial.

Si le territoire marseillais attend encore un grand

inventaire systématique de ses patrimoines (mo-

numental certes, mais tout autant urbanistique,

architectural «courant» et «vernaculaire», paysager,

portuaire, industriel et commercial, militaire), per-

mettant de recoudre patrimonialement et culturel-

lement centre ancien «historique», quartiers dési-

gnés périphériques, villages absorbés et axes de

déplacement composant le territoire urbain, les ini-

tiatives d’universitaires, d’érudits, d’associations et

des institutions publiques ne manquent toutefois

pas. Elles permettent de guider ces politiques. Mais

celles-ci ne peuvent tenir seulement à la protection,

par nature et nécessité restrictive, au titre des mo-

numents historiques ou des sites, elles s’inscrivent

en prospective et au quotidien dans les documents

d’urbanisme approfondis et dans les consciences

collectives par la diffusion adaptée des recherches

et la qualité démontrée des projets et de leurs pro-

cessus méthodologiques.

REPÈRES BIBLIOGRAPHIQUES

Françoise Choay

L’allégorie du patrimoine

éditions du Seuil, Paris, 1992.

Marcel Roncayolo

Les grammaires d’une ville,

essai sur la genèse des structures urbaines à Marseille,

éditions de l’EHESS, Paris, 1996.

Régis Bertrand

Le patrimoine de Marseille, une ville et ses monuments

éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 2001.