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et la remontée démographique. Or la Renaissance a plus

commercé qu’industrialisé créant, à l’intérieur des cités, un

nombre accru de chômeurs. Le problème des mendiants

devient aigu dans les villes, et ce pour plusieurs siècles.

Se nourrir

Très pauvre en céréales, le terroir de Marseille n’assure la

subsistance de la population qu’au plus pour 15 jours par

an. L’approvisionnement en blé est alors une question de

vie ou de mort. Le conseil de ville aide les particuliers aisés

à faire leur provision et constitue des stocks pour faire face

aux disettes. Certaines années difficiles, on a recours au

roi pour obtenir du blé des autres provinces du royaume.

Sous la Ligue, l’insécurité interdit d’avoir recours aux

transports intérieurs et c’est par mer que Casaulx fait venir

750 000 kilos de blé de Bretagne en 1593.

Le poisson tient une large part dans l’alimentation, en rai-

son du nombre de jours d’abstinence imposés par l’Église

(150 par an) ainsi que des besoins en conserves des navi-

gateurs. Les pêcheurs sont tenus d’apporter tout le pois-

son frais au marché. Le tiers en est réservé aux habitants

et distribué par le conseil. Une grande partie est salée pour

l’exportation.

La peste

Plusieurs pestes se répandent à travers le royaume au XVI

e

siècle, notamment lors du voyage de Charles IX à travers

le royaume en 1564, qui a sans doute contribué à la pro-

pager. La plus meurtrière est celle de 1580. Au plus fort

de l’épidémie, 500 personnes meurent par jour.

Arts et lettres

En l’absence de mécénat princier, de cercles humanistes,

et d’un centre d’imprimerie d’ampleur, Marseille au XVI

e

siècle ne connaît pas un grand développement artistique.

Du point de vue architectural, elle reste une ville aux mo-

numents rares et modestes. Le style Renaissance n’y est

quasiment pas (ou plus) représenté dans l’architecture

civile ou religieuse. Dans le domaine de la peinture, l’art

religieux est dominant ; les portraits, l’histoire profane ou

les paysages sont rares

(1)

.

NOTE

(1)

La référence reste le catalogue de l’exposition réalisée par les musées de Marseille en 1987,

La peinture en Provence au XVI

e

siècle

, Editions Rivages/

Musées de Marseille.

Une exception : Madeleine Lartessuti (ou Lartissat), femme armateur.

Née à Avignon vers 1480, après un mariage malheureux, elle s’installe

à Marseille en 1518 et y rencontre le grand amour en la personne de

Bernard d’Ornezan, baron de Saint-Blancard, armateur, vice-amiral

des mers du Levant puis général des galères. Elle joue alors le rôle

de directrice commerciale de ses armements et prises navales, mais

est aussi banquière et commanditaire pour son propre compte. Ses

galères et celles d’Ornezan participent au ravitaillement des Marseillais

pendant le siège de 1524. Elle est propriétaire d’une nef, la

Bohle

, qui

fait négoce avec Alexandrie, et se livre au commerce des esclaves. Elle

est également seigneur de l’île de Pomègues.

L’hôtel de Cabre :

C’est la maison la plus ancienne de Marseille. On

ignore tout de sa construction, qui aurait été réalisée en 1535, pour

Louis de Cabre, consul de la ville. Il est difficile de certifier l’attri-

bution, les armes sculptées ayant été effacées. Son style, malgré

quelques éléments Renaissance comme les angelots, relève plutôt

du gothique, tardif si on se fie à la date gravée sur la façade.

© André Ravix