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Commerce et industrie

Grâce aux capitulations (autorisations de commerce dans

les pays ottomans accordées par le sultan aux chrétiens),

le commerce devient pleinement méditerranéen. Épices,

alun, laines, cotons, draps précieux, cuirs, métaux, sel,

pastel, produits du terroir provençal (en particulier

l’huile), transitent par Marseille. La compagnie du co-

rail est créée par Thomas Lenche en 1555, suivie par la

formation de sociétés drapières, l’établissement de la sa-

vonnerie. Marseille développe même une liaison régulière

avec l’Amérique, par l’intermédiaire des marchands de

Rouen, Dieppe ou La Rochelle, qui viennent y décharger

et vendre le bois «Brésil» (produit tinctorial) ou les épices.

Vie quotidienne

L’évolution du calendrier

Jusqu’à la fin du XVI

e

siècle, en France, l’année com-

mence à Pâques, date mobile susceptible d’évoluer entre

le 22 mars et le 25 avril. L’édit de Paris (1563-1564) dé-

cide que l’année commencera désormais le 1

er

janvier. En

conséquence, le mois de janvier 1563 devint le mois de

janvier 1564.

L’année du calendrier julien dépassait l’année solaire de

11 minutes 14 secondes, et il était de plus en plus difficile

de fixer la date de Pâques. Le calendrier dit grégorien,

décidé par le pape Grégoire XIII, est adopté en 1582.

En France, il est établi par le mandement d’Henri III du

2 novembre 1582. En vertu de quoi, le lendemain du

9 décembre 1582 fut le 20 décembre.

La société

Les classes moyennes ont beau s’accroître numérique-

ment, elles ne donnent pas à la Renaissance sa note do-

minante qui est aristocratique, tant l’éclat des cours et de

la vie des grands contraste avec la médiocrité du com-

mun et la misère des indigents. Les villes en grandissant

reçoivent le flot des paysans chassés de la campagne par

les propriétaires de troupeaux, les rassembleurs du sol

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Le savon

Marseille fabrique tout d’abord du savon pour ses besoins. Cette in-

dustrie est en butte à l’hostilité du conseil de ville, qui veut réserver le

bois à brûler dont elle est grosse consommatrice pour les usages du

pain et des biscuits. En 1571, Georges Bronenmayer, venu d’Augs-

bourg et devenu Prunemoyr en se faisant naturaliser, lance une véri-

table production pour l’exportation. Il obtient l’autorisation royale de

fabriquer des savons «à la façon de Paris» et lance ainsi véritablement

l’industrie marseillaise du savon.

Délibération de 1561 demandant au roi que la permission qu’il a

accordée de prêcher librement la religion prétendue réformée ne

soit pas exercée à Marseille. Les arguments évoqués sont que Mar-

seille est une ville frontière,

«tant du lieu d’Argier [Alger] et Barbarie

comme ennemys de notre sainte foy comme aussi aux Espaignols,

rivière de Gennes et aultres parties d’Itallie»

.

© archives municipales de la ville de marseille - BB 40, fol. 173 v.