n°232 - Ils ont écrit sur Marseille
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ILS ONT ÉCRIT SUR MARSEILLE

Marseille

Fils d’un célèbre humaniste suisse, Thomas Platter le jeune fit ses études de médecine à

Montpellier avant de devenir professeur d’anatomie et botanique à l’université de Bâle.

Il est l’auteur, avec son frère aîné Félix, de relations de voyages faits dans le Midi de

la France et plusieurs états voisins dans la deuxième moitié du XVI

e

siècle. Il s’agit ici

d’extraits de son journal de voyage (l’un des premiers du genre) concernant son séjour

à Marseille en février 1597.

P. E.

THOMAS PLATTER

© COLLECTION PRIVÉE, D.R.

Minuit sonnait quand nous jetâmes l’ancre à

Marseille entre les

deux Isles

. Plusieurs com-

mis vinrent aussitôt prendre nos noms ainsi

que celui de notre navire, et le lendemain,

11 février, quand au jour levé on tira la chaîne

fermant l’entrée du port, qui est tendue entre

la tour Saint-Jean et le château situé vis-à-vis,

qu’on appelle le

fort

, nous accostâmes au pied

d’un escalier, où d’autres commis vinrent une

fois de plus nous questionner et nous inspecter

avant de nous mener chez le consul. Celui-ci,

après avoir pris connaissance de notre passe-

port de Maguelone, nous demanda nos noms

et qualités, le but de notre voyage et l’auberge

où nous comptions descendre…

[…] Marseille doit sa prospérité à son port,

qui est aussi sûr que commode. L’accès en est

défendu par quatorze pièces d’artillerie, éta-

blies sur des hauteurs, du côté de l’église de la

Major. Ce sont les plus grosses que j’aie vues

en France ; quelques-unes ont seize pieds de

long et lancent des boulets gros comme la tête.

Il y en a quatre sur la tour Saint-Jean, touchant

les fortifications de la commanderie ; quatre un

peu plus loin, sur le rempart, proche l’église

Saint-Laurent, entre quatre moulins à vent bâ-

tis en maçonnerie ; trois près la Major, et enfin

sept sur la colline à côté de la Grande Horloge,

entre ou derrière d’autres moulins également

maçonnés.

Le port est en outre protégé contre les pi-

rates par le château d’If, bâti sur une île, à un

quart de mille au large et flanqué à ses quatre

angles de tours rondes, ayant chacune sur sa

plate-forme douze gros canons et plusieurs

petits, aux feux si bien croisés, qu’un oiseau

LE JEUNE

(BÂLE, 1574-1628)

Marseille en 1597

(

Journal de voyage de deux étudiants bâlois…

, Montpellier, 1892)

XVI

e

SIÈCLE