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Considérant que les croisades

ont contribué à l’origine des

blasons et que la croix fut prise

comme armoirie, signe de la

chrétienté, il indique que c’est

à cette époque que Marseille a

porté «

une croix d’azur en un

champ d’argent

». Dans l’

His-

toire analytique et chronologique

des actes et des délibérations

qu’il édite avec Louis Méry en

1847, cet effet des croisades

sur le choix d’une bannière et

d’armoirie pour Marseille est

repris, précisant qu’en rem-

placement «

du lion d’or sur un

champ de gueule

» est substituée

«

une croix d’azur sur un champ

d’argent

».

Les premières

représentations

Mme Isabelle Rambaud, qui

a été archiviste en chef de la

Ville, a rappelé ce qu’ont été

les premières représentations

du blason : la première date

de la fin du XIII

e

siècle ou du

début du XIV

e

siècle.

Il s’agit d’une enluminure figu-

rant la prestation de serment

du viguier (ancêtre du maire)

dans le Livre Rouge de la ville.

Aux quatre angles est disposée

«

la croix d’azur sur fond d’ar-

gent

», qui reprend l’emblème

porté au revers des monnaies

marseillaises.

Ce blason va alors se multi-

plier sur les registres officiels,

d’abord sous forme de dessins

manuscrits ou peints, puis im-

primés à partir du XVI

e

siècle.

Autour du motif central, la

fantaisie des graveurs inven-

tera au fil des siècles toutes

sortes d’ornementations sui-

vant le goût et la mode de leur

époque (coquilles, feuillages,

anges…). Les affiches munici-

pales sont un bel exemple de

cette évolution. Mais on peut

aussi retrouver cette image-

symbole de la ville sur les

monuments (Hôtel de ville),

les objets (clés, cierges, tapis-

series..) et lors des cérémonies

où la personnalité morale de la

ville doit figurer.

Officiellement, l’enregistre-

ment de ces armoiries, qui

fait suite à l’édit de Colbert,

date du 10 juillet 1699. Leur

usage s’est perpétué jusqu’à la

Révolution. Le 21 juin 1790,

en effet, l’Assemblée Consti-

tuante décréta la suppression

des armoiries, trop associées à

la noblesse et à l’ordre ancien.

La croix d’azur disparut donc

des papiers publics.

Après la Révolution

Il faut attendre le décret im-

périal du 17 mai 1809 pour

que les villes puissent à nou-

veau prendre des armoiries.

Aussitôt le Conseil municipal

de Marseille délibère de re-

prendre l’ancien écusson et en

UNE IDENTITÉ

Marseille

par Daniel Drocourt

de l’Académie de Marseille

Directeur de l’Atelier du Patrimoine

8

Jean Servières, en

1913, publie une

longue notice sur

les armoiries de

Marseille, évoquant

comme seule

référence vingt-cinq

pages dues à M.

Bouillon–Landais,

parues dans la

Revue

de Marseille

en 1857.

Pourtant, dès 1840

François Guindon

aborde la question

dans le

Répertoire

des travaux de la

Société de Statistique

de Marseille

.

À PROPOS DES ARMOIRIES

DE LA VILLE DE MARSEILLE

Dans les carnets de Joseph Laugier

on trouve des dessins d’armoiries, d’écussons

et de blasons avec un ange, puis un lion.

© ACADÉMIE DE MARSEILLE

«Ecusson» de la ville

de Marseille dessiné

pour le baron de

Roux. Agenda Joseph

Laugier 19 aoüt 1875.

© ACADÉMIE DE MARSEILLE