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«revue cinématographique locale»,

Tout Marseille

au Royal View

, montrant diverses célébrités mar-

seillaises. Il est temps pour le cinéma de se

«sédentariser».

Le temps des implantations permanentes

A partir de 1906-1907, le cinéma s’émancipe des

autres formes de spectacles et offre désormais à

lui seul, dans des lieux qui lui sont spécialement

destinés, des représentations dignes par leur

qualité et leur durée des grands spectacles tradi-

tionnels.

Dès l’hiver 1905-1906, sous la direction de Na-

poléon Rancy,

l’Eldorado

de la place Castellane,

un café-concert marseillais, se consacrait pour la

première fois exclusivement

au cinéma (le «Phono-

Cinéma-Théâtre» puis

l’«Impérial Bioscop») pen-

dant plusieurs mois avant

de reprendre son activité

traditionnelle. A partir de

l’hiver suivant 1906-1907,

le cinéma reprend pour six

mois ses projections avant que la salle, devenue

Cinéma-Monopole-Eldorado

, se consacre défini-

tivement, à partir du mois de juillet 1907, aux

exclusivités de la maison Pathé frères, qui met

alors en place son réseau à travers la ville..

En 1906, encore, quelques petites salles

s’installent : l’

Universal cinéma

(en avril), rue

Curiol, dans les annexes de la Brasserie Phocéen-

ne,

l’Impérial cinéma

(en octobre) dans un sous-

sol du 8 cours Saint-Louis, et

l’Olympia cinéma

(en décembre) au 20 rue Saint-Ferréol, dans le

magasin du parfumeur Lorenzy-Palanca.

Populaire et familial, le cinéma fait aussi la con-

quête de nombreuses salles habituellement

vouées aux associations laïques ou religieuses.

On s’y contente d’installations (parfois de simples

bancs) et de programmations sommaires qui per-

mettent des tarifs accessibles aux bourses les plus

modestes. La famille Sardou ouvre

le Triomphe

dans une écurie près de la porte d’Aix. Léon Ri-

chebé crée

le Populaire

, rue Caisserie, dans une

chapelle déjà convertie en théâtre, puis

le Proven-

ce

dans l’ex-musée des Colonies au boulevard

des Dames. Il prend enfin, 30 rue Tapis-Vert la

direction du

Royal Bio

(futur Roxy) sur

l’emplacement d’un ancien théâtre amateur, le

Nouveau Théâtre, déjà transformé par Sardou en

cinéma (1907-1908) pour servir de publicité au

chocolat Poulain. A cette époque, deux cinémas

jouent déjà aux Chartreux, trois ou quatre vers

la Plaine Saint-Michel, dont un

Olympia

; la Bel-

le-de-Mai et Arenc ont chacun le leur. Les tarifs

y sont trois à sept fois moins chers que dans les

cinémas «chic» du cœur de ville. En mars 1907,

le Mentor

naît au 3 place de la Bourse ; il va pré-

senter successivement des films Pathé, des

exclusivités Gaumont puis des vues italiennes,

anglaises et américaines.

Des salles de luxe

Fin novembre 1907, la société «Monopole Pa-

thé», déjà à la tête de l’Eldorado et de l’Olympia

de la Plaine, ouvre sa troisième salle,

l’Eden ciné-

ma

(futur Noailles), 39 rue de l’Arbre, entre les

Variétés Casino et les Nou-

velles Galeries, dans les

locaux complètement

transformés de l’ancien café

Monte-Carlo. Selon la

presse, l’Eden est d’un luxe

inégalé même dans la ca-

pitale : sculptures élégantes,

peintures de Michelon, le

décorateur du Grand Théâtre, sièges conforta-

bles, éclairage par 200 lampes à incandescence

et une pléthore d’arcs électriques… Avec ses

films «inédits et artistiques», son «orchestre

symphonique», ses chanteurs de talent, ses

© COLL. ECHINARD

Affiche

du Royal-Bio Cinéma,

30 rue Tapis-Vert.

Dès l’hiver 1905-1906, sous

la direction de Napoléon Rancy,

l’Eldorado de la place

Castellane, un café-concert

marseillais, se consacrait

pour la première fois

exclusivement au cinéma.

© COLL. ÉCHINARD

Vue intérieure

du Modern Cinéma,

55-57 rue Saint Ferréol.

Massilia

n°16,

15 novembre 1908,

page VI.

1908

1913