n°228 - Le cinéma à Marseille
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Amblard présente le cinématographe Lumière à

la foire aux santons. En 1900, le tailleur Dewach-

ter, au bas de la Canebière, utilise le cinéma pour

sa publicité.

Aumême moment, deux grandes «salles de Nou-

veautés» s’installent sur l’actuelle Canebière avec

le cinéma au programme parmi diverses autres

attractions.

Au 14 rue Noailles, presque en face de l’Hôtel

du Louvre et de la Paix,

le Nouveau Théâtre

ouvre en octobre 1899 avec ses machines à sous,

ses jeux, son cosmorama, son «panoptikum»

mouvant, ses numéros d’illusion, ses tableaux

vivants, son phonographe à haut-parleur géant

et, en vedette, dans une salle en sous-sol,

«l’American Bioscop» aux vues «grandeur natu-

re» de Méliès et de Pathé. Dès la fin de l’année

y apparaissent les premiers films dépassant 100

mètres de pellicule :

Cendrillon

de Méliès et une

Passion

en 5 actes et 30 tableaux, «le plus grand

film jamais réalisé» selon la direction. Un an plus

tard, le 4 décembre 1900, y a lieu la première du

«Phono-Cinéma-Théâtre» Gaumont, venu tout

droit de l’Exposition universelle de Paris, asso-

ciant le cinéma muet et l’audition coordonnée

des plus grandes vedettes du moment grâce à un

phonographe à cylindre. Installée par la suite

dans les murs du Nouveau Théâtre, la

Brasserie

de Bohème

, poursuivra ses projections cinéma-

tographiques sous la direction d’Henri Rachet,

l’un des pionniers du cinéma marseillais, dans

une salle du sous-sol curieusement équipée d’un

écran tendu entre deux colonnes, séparant les

spectateurs en deux groupes dont l’un, voyant

le film et ses sous-titres à l’envers, payait moins

cher.

L’autre salle de Nouveautés, les

Fantaisies Fééri-

ques

, a ouvert mi-juillet 1900 à l’angle du

boulevard du Musée (Bd Garibaldi) et des Allées

de Meilhan (Canebière). Son patron, Donnadieu,

y avait investi 200 000 francs en matériels divers.

Au rez-de-chaussée, une salle de 400 places, ri-

chement ornée, est destinée aux poses plastiques,

aux illusions à grande machinerie et au cinéma

géant «Hélioscope». Elle va fonctionner sous di-

vers noms pendant plusieurs années avant de faire

place, fin 1912-début 1913, au prix d’une impor-

tante rénovation, à l’Empire cinéma.

En 1900 encore, un autre entrepreneur, Mengès,

a lancé coup sur coup, deux petites salles exclu-

sivement consacrées au cinéma. L’

Animaskop

, au

57 rue Saint-Ferréol, présente des épisodes filmés

de la guerre des Bœrs, puis

Cendrillon

, avant de

fermer rapidement. Son

Merveille Théâtre

, ins-

tallé en mars 1900 dans la salle des dépêches du

journal

le Radical

, frappe un grand coup à la fin

de l’année en donnant

Le Rêve de Noël

de Méliès,

une féerie de 160mètres qui, pendant des années,

revient chaque Noël au programme des cinémas.

Pour la première fois à Marseille, le client arrivé

en cours de séance pouvait rester à la représenta-

tion suivante.

Pendant les toutes premières années du XX

e

siè-

cle, le cinématographe multiplie ainsi ses

apparitions dans la ville. Spectacle d’accom-

pagnement, de complément, entre illusion et

témoignage documentaire, il n’en acquiert pas

moins progressivement, grâce à ses incessants

progrès techniques, une place de choix parmi les

spectacles.

En avril 1906, c’est son rôle documentaire et eth-

nologique qui est mis en relief à l’occasion de

l’Exposition coloniale qui s’ouvre au parc Chanot.

Le palais de l’Indochine

et celui de

l’Afrique oc-

cidentale

organisent des séances régulières qui

montrent la vie des peuples colonisés et la beauté

des paysages exotiques. Un écran géant est égale-

ment installé devant le Grand Palais. Pendant

quelques mois aussi, la tournée du

Royal View

,

«parlant» avec écran géant de 100 m

2

, propose à

la place Centrale (Sadi-Carnot) des chansons fil-

mées, des reportages d’actualités et même une

© CCIMP

Affiche pour le

Cinématographe

indochinois de

l’Exposition

coloniale de 1906.

1906