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jeux de lumière, mais la fonction théâtrale est

maintenue. Dans les années 1930, outre les films,

le Pathé va présenter des revues et opérettes mar-

seillaises et une centaine d’attractions de classe

par an… On souligne son aspect moderne, on

insiste sur sa bonne fréquentation et sa propreté.

Mais, surprise ! Malgré la date tardive de sa cons-

truction, le Pathé n’est pas directement équipé

pour le cinéma parlant. Il faudra adapter la salle

dès 1930.

Rue Saint-Ferréol, le somptueux

Rialto

, qui suc-

cède au Fémina en 1928, et le Majestic, rénové

en 1929, sont dans le même cas et les quelque

70 cinémas qui passent eux aussi peu à peu au

parlant font de Marseille, dans la deuxième moi-

tié des années 1920, la plus et la mieux équipée

de toutes les villes de province.

Le parc cinématographique marseillais est très

diversifié avec, au-delà de la dizaine de salles de

prestige du centre-ville, une progression sans ces-

se accrue des cinémas de quartier et de banlieue.

Beaucoup ne disposent que de 200 à 400 ou 500

places, mais quelques-uns comptent 1 000 places

et plus, comme

le National

,

le Familial

d’Endoume, qui annonce 1 800 places, avec ga-

leries, balcons, café et une «superbe» scène, ou

le

Palace Saint-Lazare

de la rue Hoche et ses

2 000 places. Du somptueux au délabré, la variété

des cinémas est extrême, comme la diversité du

public, des programmations et de leur accom-

pagnement musical. Plusieurs salles de luxe, on

l’a vu, ont des orgues (Odéon, Pathé, Rialto…).

Une dizaine disposent d’un orchestre permanent

de cinq à quinze musiciens, renforcés à

l’occasion.

Une quinzaine de cinémas ont de deux à quatre

musiciens permanents et une vingtaine un simple

piano. Alors qu’à l’origine, le cinéma servait

d’intermède dans les théâtres de music-hall, la si-

tuation s’est renversée. Le Théâtre Chave (depuis

longtemps), l’Eldorado, le Grand Casino, le Palais

de Cristal (et bientôt l’Alcazar en 1931) sont de-

venus des cinémas à part entière, agrémentés de

numéros de variétés et d’attractions diverses. Les

salles les plus luxueuses exhibent des vedettes

confirmées, voire internationales, les cinémas de

quartier servent de banc d’essai aux amateurs.

C’est ainsi que le National de la Belle-de-Mai voit

débuter en quelques années Fernandel, Darcelys

et Rellys (en attendant Yves Montand). A côté des

succursales marseillaises de Pathé, Gaumont,

Aubert ou Paramount, quelques exploitants mar-

seillais contrôlent un bon nombre de salles au

muet comme bientôt au parlant. Les Fougeret,

Martel, Rachet, Richebé, Méric, Milliard, Guy

Maïa construisent ainsi, tantôt alliés, tantôt con-

currents, de véritables empires. Vers 1930,

Milliard possède le Rialto, le Comœdia, le Saint-

Lazare, le Chevalier Rose, le Novelty, avant d’y

ajouter l’Alcazar (1931), le Capitole et le Majes-

tic ! Gabriel Martel contrôle pour sa part

l’Eldorado, l’Odéon, le Régent, les Nouveautés et,

plus tard, le Rex. Succèdant à son père Léon, Ro-

ger Richebé possède des salles à Marseille, Nice,

Lyon et Toulouse, avant de devenir un important

producteur dans la capitale. L’installation du

«parlant» et lamodernisation des salles est la nou-

velle aventure qui va mobiliser les cinémas

marseillais dès la fin des années 1920.

Carte publicitaire

pour le Cinéma Palace

Saint-Lazare,

4 rue Hoche.

© MUSÉE D’HISTOIRE DE MARSEILLE

Palace Saint-Lazare,

4 rue Hoche,

soirée pour

les enfants des

prisonniers,

© COLL. ÉCHINARD

Déc. 1941

1930