n°228 - Le cinéma à Marseille
Previous Page  11 / 129 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 11 / 129 Next Page
Page Background

production française est fortement concurrencée

par les films italiens et américains.

Cabiria

de

Pastrone inaugure le 22 avril 1916

l’Hippodrome

Palace

qui se substitue aux allées de Meilhan au

Châtelet-Théâtre avant de devenir, à la fin de la

guerre,

le Grand Casino

et

de se partager entre le

music-hall et les exclusivités

de la Paramount.

Civili-

sation

de Griffith fait

l’ouverture d’une nouvelle

grande salle de luxe à la rue

Saint-Ferréol,

le Majestic

, le 17 octobre 1918.

Conçue par l’architecte Bentz et décorée par

Maïna, elle compte quelque 1 500 places.

Les années 1920

En 1922, la ville possède officiellement 51 ciné-

mas. Tandis que Marseille est devenue, depuis la

création de la Phocéa-Film en septembre-octobre

1916, un lieu de production de niveau national

grâce aux studios de la Croix-Rouge et qu’elle se

lance dans les nouvelles technologies du «relief-

couleur» avec les premiers succès de la firme

Cinéglyphe, le triomphe du cinéma s’affiche dé-

sormais en priorité sur la Canebière. Jusqu’alors,

les plus belles salles s’étaient implantées rue

Saint-Férréol, la grande rue du commerce et du

luxe, seul emplacement assez prestigieux pour

justifier leurs coûteux investissements. Successi-

vement, l’Odéon (1923), l’Aubert Palace (1925),

le Capitole (1926), le Colisée (1927) puis le Pa-

thé Palace (1929) font, en se substituant à quel-

ques anciens cafés et théâtres, la nouvelle parure

de luxe de la plus célèbre artère de Marseille.

Nouveau fief de la Paramount,

l’Odéon

ouvre au

public le 26 octobre 1923 avec le

Robin des bois

de Douglas Fairbanks.

Conçu par l’architecte Ger-

main Faure, déjà auteur à

Marseille du Fémina

(1910), de l’Artistic des

Chartreux et du Régent

(1912) ; c’est un véritable

palace avec buffet, salon de thé, marbres de la

maison Cantini et décoration artistique du pari-

sien Barberis. L’opérateur dispose de trois postes

Ernemann sur colonnes réglables avec deux lan-

ternes sur chariots. La vaste scène permet les

spectacles de variétés et d’opérettes. Un orgue y

fonctionne pendant une dizaine d’années.

L’Aubert Palace

ouvre le 13 février 1925, sur

l’emplacement du fameux café du Commerce,

avec

Paris

, grand filmdramatique français. Il pos-

sède un grand orchestre symphonique et fait sa

publicité en disant que «le plus beau cinéma de

Marseille» n’a pas besoin de publicité.

Le 16 septembre 1926,

le Capitole

d’Henri

Rachet et Roger Richebé remplace le

Grand

Casino

, déjà voué au cinéma. Vaste (plus de

2 000 places), moderne et confortable, avec un

balcon et deux galeries, dont les gradins ont une

pente aussi raide que le poulailler de l’Opéra, la

salle a été dotée par ses architectes Sénès et

Lajarrige d’une importante scène et d’une fosse

d’orchestre qui permettent d’accueillir le music-

hall et ses revues. Le peintreMaïna et le sculpteur

Eichaker ont assuré sa décoration.

Le 20 octobre 1927,

le Colisée

succède au célè-

bre Palais de Cristal avec à l’écran John

Barrymore dans

Don Juan

. Deux ans plus tard, le

23 décembre 1929, il disparaît au profit du

Pathé

Palace

, créé par les architectes parisiens Charavel

et Mélendes. Au programme,

Rhapsodie hongroise

avec Willy Fritsch, Dita Parlo et Lily Dagover, un

Mickey virtuose

,

Mungo chasseur de serpents

, les

Actualités Pathé-Journal et, sur scène, Marie

Dubas et Linga-Singh, le «sorcier prestidigita-

teur». Ramenée à 1600-1700 places, la salle

comprend encore un parterre et deux balcons.

Escaliers, vestibules, hall, foyers, bars, tout est

orné de miroirs et de panneaux décoratifs ; l’or

domine sur les parois et le cadre de l’écran. Les

loges d’avant-scène ont disparu, remplacées par

des orgues qui agrémentent les entractes avec des

10

© COLL. PARTICULIÈRE

L’orchestre du Cinéma

Attraction Comœdia,

60 rue de Rome.

Beaucoup ne disposent

que de 200 à 400 ou 500 places,

mais quelques-uns comptent

1 000 places et plus.

1917-1920