n°227 - Métiers d'hier et d'aujourd'hui
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doivent en financer l’acquisition et l’entretien.

Tout nouveau pilote est, de ce fait, tenu de verser

à la date de sa nomination sa quote-part de capi-

tal immobilisé. Durant toute son activité, le pilote

ne peut ni aliéner les biens de la collectivité, ni

disposer de sa part de matériel. Cette même part,

calculée au jour de sa radiation des cadres actifs,

lui est rachetée par la collectivité. S’il est un sujet

qui, en général, passionne le monde maritime,

c’est celui de la responsabilité du pilote. On a,

dans ce domaine, trop souvent répandu l’idée

que le pilote n’encourt

aucune responsabilité du

fait des conséquences de

l’acte de pilotage. Cette

analyse erronée résulte de

l’amalgame malheureux

qui est, trop souvent, ef-

fectué entre le déroule-

ment habituel de l’opération de pilotage au cours

de laquelle c’est le pilote qui fournit les ordres de

barre, fixe les allures de machine et dirige les re-

morqueurs et l’interprétation hasardeuse de la

formule lapidaire et trop abrégée aux termes de

laquelle «le pilote ne démonte jamais le capitai-

ne». En réalité, le pilote engage sa responsabilité

civile, ainsi que ses responsabilités pénales et dis-

ciplinaires à l’occasion de chaque prestation four-

nie. Au plan civil, s’il est vrai que le pilote n’est

pas responsable envers les tiers des dommages

causés au cours de l’opération de pilotage, il n’en

reste pas moins justiciable à l’égard de l’armateur

du navire piloté, en cas de faute de sa part. La loi

du 3 janvier 1969 précise, toutefois, que le pilote

peut s’affranchir de sa responsabilité civile par

l’abandon du cautionnement qu’il est tenu de

fournir, en début de carrière, sauf dans le cas où

la faute commise constitue une infraction au Co-

de disciplinaire et pénal de la Marine Marchande.

Les pilotes de Marseille

A Marseille, l’effectif des pilotes est actuellement

de 51 pour assurer une activité qui couvre les

bassins Est, les bassins de Lavéra et de Fos, mais

aussi les ports de Cannes, Nice, Villefranche, de-

puis 1998. Pour réaliser leurs missions, les pilo-

tes de Marseille disposent à Marseille d’une flotte

de 15 vedettes rapides de 12 à 16mètres, capables

d’intervenir par toutes les conditions météorolo-

giques, vedettes dont ils assurent eux-mêmes, la

construction et l’entretien. L’effectif en person-

nel, outre les pilotes, s’établit à 70 personnes.

Chargés par l’Etat d’assurer la sécurité de la navi-

gation à l’approche du port mais aussi celle des

installations portuaires, les pilotes savent être des

partenaires économiques performants pour dy-

namiser l’économie portuaire. A ce titre, les pilo-

tes de Marseille ont toujours su trouver le

meilleur compromis entre les impératifs de sécu-

rité que leur confère la mission de service public

reçue de l’Etat et la prise en compte des intérêts

commerciaux de la place portuaire, ainsi que de

leurs clients armateurs. Appréciée par l’environ-

nement économique, cette politique a eu pour

effet d’intégrer les pilotes de Marseille dans les

diverses instances professionnelles chargées du

développement des trafics portuaires et de

l’économie régionale. Au fil des années, des pilo-

tes ont ainsi pu occuper des postes clef à la tête

de ces instances, unions maritimes, Chambre de

Commerce et d’Industrie Marseille Provence,

Port Autonome et Grand Port Maritime de Mar-

seille, Tribunal de Commerce …

Le plus capé d’entre eux fut, sans aucun doute,

Léon Bétous, Président de la Chambre de Com-

merce, premier Président du Conseil d’Admi-

nistration du port autonome, dont le sens vi-

sionnaire aura permis la création de la zone

industrialo-portuaire de Fos, portage pour les

décennies futures de l’économie régionale.

Pour conduire cette longue démarche séculaire

faite d’incertitudes et d’écueils, les pilotes mar-

seillais ont souvent médité les paroles d’Enée

alors qu’il venait de plonger dans les flots, Pali-

nure, son pilote et infortuné compagnon

«Tu as

eu trop de confiance dans la sécurité du ciel et de la

mer, Ô Palinure, et, pour cela, tu seras gisant, nu

sur un sable ignoré»

.

©DR -PILOTEDUPORT

Le plus capé d’entre eux fut,

sans aucun doute, Léon Bétous,

Président de la Chambre de

Commerce, premier Président

du Conseil d’Administration

du port autonome.