n°227 - Métiers d'hier et d'aujourd'hui
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D’antiques fonctions

Le Doyen Ripert a pu écrire

que le pilote était le plus an-

cien personnage que nous

présente le Droit Maritime.

Traiter du pilote impose donc

un saut dans l’histoire des ci-

vilisations de la haute Anti-

quité. On découvre ainsi que

les premières expéditions ma-

ritimes, qui ont permis aux

Phéniciens d’assouvir leur

soif d’expansionnisme, n’ont

pu être réalisées que grâce à

la conduite de spécialistes de

l’astronomie et des sciences

de la mer.

Chargé de la seule navigation,

le pilote hauturier assiste déjà

le capitaine du navire, en

général, commerçant ou chef

de guerre. Très tôt, les peuples

anciens ont éprouvé le besoin

de codifier les usages mariti-

mes et, on peut, de ce fait, se

demander si les dispositions

du Digeste romain engageant

la responsabilité du maître de

navire

«qui sine gubernatore in

flumen navem immiserit»

ne

constitue pas les prémices

du régime de l’obligation du

pilotage.

Cette définition du

gubernator

incite aussi à penser qu’au fur

et à mesure du développe-

ment des échanges mariti-

mes, est né le besoin d’un spé-

cialiste de la navigation

côtière et fluviale. Telle est

certainement l’origine même

du pilote lamaneur.

Les deux fonctions, pilote

hauturier et pilote lamaneur,

cohabiteront jusqu’à la fin du

XVIII

e

siècle dans le but de sé-

curiser de bout en bout

l’expédition maritime

«Loc-

mans, lamaneurs sont pilotes

ou mariniers de rivière pris et

loués sur les lieux comme con-

naissant les pas et dangers des-

quels le pilote du navire n’a pas

notice»

.

La codification du pilotage

Dès le X

e

siècle, apparaissent

diverses dispositions légales

régissant l’acte de pilotage.

Ainsi, sous le règne de Cons-

tantin VII, empereur byzantin

de 913 à 959, il est décidé que

«si les marins ont osé naviguer

sans pilote, si les passagers na-

viguent par mer avec des ma-

rins sans pilote, si le navire

heurte un obstacle, ou en arrive

à la destruction complète, pas-

sagers et marins enmême temps

sont convaincus de délit»

.

Contemporaine, la

lex Rhodis

de jactu

qui codifie les usages

maritimes des Rhodiens sti-

pule que le pilote du navire

émarge sur le fret pour une

part et demie. Le chemine-

ment vers la codification de

l’acte de pilotage se poursuit

avec la publication vers 1152

des

Jugements d’Oléron

et en

5

LES PILOTES MARITIMES

Par Jacques TRUAU

Président du Club de la Croisière

AVEC LA MER POUR HORIZON…

©DR -PILOTEDUPORT

Station de pilotage du Frioul.

Le pilote vient de monter à bord d’un Ferry.