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128

MARSEILLE SUR NAPOLI

Marseillais d’origine napolitaine,

spécialiste des langues romanes,

Michel Ficetola a déjà fait entendre

à travers ses divers écrits la voix de

la différence italienne dans l’histoire

et la compréhension du parler mar-

seillais. Cette fois-ci, il en fait le su-

jet exclusif de son nouvel ouvrage

consacré à la tchatche des immigrés

italiens de Marseille, le sanjanen,

l’ancien parler de Saint-Jean,

mélange de français, de provençal

et d’italo-napolitain typique de la ri-

chesse et de la diversité des apports

terrestres et littoraux qui ont bâti

l’originalité linguistique marseillai-

se. Son dictionnaire sanjanen «de

A à Z» (quelque 1 500 mots), est

précédé d’un large survol de la lon-

gue histoire de la présence italienne

dans la ville et du rappel des fonde-

ments d’un parler marseillais

fédérateur fortement coloré de

mots et d’expressions populaires

empruntés à notre sœur latine.

Partagé entre enthousiasme, con-

viction et humour, quitte à quel-

ques approximations, Michel Fice-

tola nous propose avec cette

version italienne de la Tchatche, un

livre haut en couleurs, entre tradi-

tion et diversité, c’est-à-dire bien de

chez nous.

P. E.

Le sanjanen, La tchatche

des immigrés italiens

et des Marseillais branchés

par Michel Ficetola

Ecriplus, 261 p., 15

Une rue de Marseille, peut-être une

des plus courtes, on pense à Thyde

Monnier et à sa

Rue courte

. Je ne me

lancerai pas dans un parallèle entre

ThydeMonnier, trop oubliée de nos

jours et Sara Vidal. Quoique ? De

quelle rue s’agit-il ? De la rue du

Théâtre-Français, autre nom du

Gymnase. Tout le monde la con-

naît. Oui, mais l’avez-vous vue ain-

si, décortiquée, détricotée, retrico-

tée par l’inspiration puissante et le

style percutant de Sara Vidal, en

parfaite cohérence avec l’esprit

d’une nouvelle collection littéraire,

nommée «Arpents» ? Cette rue est

une scène où se côtoient, se frôlent,

se heurtent, fusionnent ou s’igno-

rent tous les destins du monde, ici

et maintenant, mais aussi, là et hier,

un hier vieux d’un siècle, dans un

cadre alors déjà centenaire ou pres-

que. L’imaginaire et la réalité

s’entrecroisent et se télescopent

dans ce roman «déstructuré», où

planent l’ombre d’Armand Ham-

mer, l’énigmatique «milliardaire

rouge» auquel le théâtre doit sa re-

naissance et surtout les fantômes de

ses parents, un instant posés à cette

place, à Marseille, dans leur voyage

entre Odessa et New York. Cette

rue draine quelques êtres

d’aujourd’hui, fétus minuscules

véhiculant l’immensité de la détres-

se humaine, qu’elle soit du fin fond

de l’Afrique «noire» ou «blanche»,

des Balkans déchirés, ou encore

«bien de chez nous». Ils sont venus

s’arrimer là, pour un temps ou,

peut-être, pour toujours.

Hélène Echinard

Rue du Théâtre français

par Sara Vidal

Riveneuve éditions, Paris, 198 p. 12

LE THÉÂTRE DE LA RUE