n°227 - Métiers d'hier et d'aujourd'hui
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et privilèges, on aurait pu penser que la profes-

sion disparaîtrait. Il n’en a rien été, car elle cor-

respondait à un authentique besoin, et, de plus,

les droits de pesage perçus par la corporation per-

mettaient de diminuer le déficit chronique des

hôpitaux de la ville. Aussi, c’est par le décret du

12 décembre 1791 du Directoire des Bouches-

du-Rhône, que les anciens commis peseurs du

roi prirent la dénomination de peseurs jurés de

commerce. Et puisque l’or-

ganisation du pesage à

Marseille donnait toute sa-

tisfaction, le gouvernement

créa, par la loi du 19 mai

1802, des bureaux de poids

public dans les villes où ils

étaient nécessaires. De plus,

ce dernier demanda à la

Ville de Marseille, de lui adresser tous renseigne-

ments sur le fonctionnement et l’organisation de

son bureau de pesage. L’activité des peseurs jurés

se situant essentiellement sur le port, ils furent

appelés, avec l’extension du trafic, à se déplacer

avec leurs instruments. Ce n’était plus la mar-

chandise qui allait au peseur, mais le peseur qui

allait à la marchandise. L’essor du port de Mar-

seille, et par la suite celui de la corporation des

peseurs jurés, affirmé avec le début de l’ère indus-

trielle dès la deuxième moitié du XVIII

e

siècle,

s’accentue au XIX

e

avec la conquête de l’Algérie.

Le trafic augmente, tant à l’importation des ma-

tières premières venant de nos colonies qu’à

l’exportation pour la mise en valeur des Territoi-

res d’Outre-Mer et surtout de l’Algérie. Marseille

s’agrandit et voit arriver un afflux de population,

ce qui implique de plus grands abattoirs, une

plus grande criée aux poissons et une extension

des marchés aux légumes

du Cours Julien et de la

Plaine (Place Jean-Jaurès).

Le Vieux-Port est complè-

tement saturé, les navires

sont obligés de mouiller sur

quatre rangs, ce qui com-

plique les opérations de

chargement et de déchar-

gement. Il s’avère que l’extension du port devient

de plus en plus nécessaire, d’autant plus que

l’apparition des navires à vapeur, aux dimensions

plus importantes, vient s’ajouter au développe-

ment du trafic. Après des années d’hésitation en-

tre le Nord et le Sud, (puisque le tunnel du caré-

nage a été creusé en vue d’une percée vers le Sud),

c’est le Nord qui est choisi. Les plans de

l’ingénieur Charles François de Montluisant sont

retenus en 1842. Ils prévoient la création d’un

C’est par le décret du

12 décembre 1791 du Directoire

des Bouches-du-Rhône, que les

anciens commis peseurs du roi

prirent la dénomination de

peseurs jurés de commerce.

Paul Bressin, peseur

juré, en train

de peser un mussy de

salade, sur le plateau

du cours Julien.

©PHOTOPESEURS JURÉS.

©EMMANUELLAUGIER

Seule et unique Balance Schopper-Louis Leipzig demeurée

intacte ; elle était installée 16 Quai de la Tourette

et servait à déterminer le poids spécifique des grains.

Cet instrument fut inauguré le 28 mai 1925 et fut utilisé

jusqu’à sa réforme en 1948. Musée d’Histoire de Marseille.

1950