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dessin de 1590 de Ercole Ni-

gra, dont l’implantation des

lieux est assez exacte. On peut

d’ailleurs le comparer à la gra-

vure de l’atlas de George

Braun, datée de 1574, qui est

une vue «à vol d’oiseau» prise

depuis l’autre rive du port. Ce

sont des documents déjà pos-

térieurs au Moyen Âge, mais

il faut savoir qu’en fait la ville

ancienne n’a guère changé

jusqu’au XIX

e

siècle, où les

percements haussmanniens

ont considérablement modifié

la topographie. Il a donc été

décidé de définir le plan en

s’appuyant sur le cadastre de

1820 pour le tracé des voies et

l’implantation des îlots cons-

truits, cours et jardins. Par

exemple, la rue Caisserie et la

Grand’rue sont toujours au

même emplacement.

Revue Marseille :

J’imagine que

la mise au point technique a

généré de nombreuses discus-

sions avec les scientifiques

jusqu’à la décision de mettre en

œuvre le projet. Quels critères

physiques ont été retenus ?

Christian Dufour :

Nous avons

convenu de réaliser une ma-

quette à l’échelle de 1/1000

e

,

ce qui donne un plateau de

2 m x 1,72 compatible avec

l’espace disponible pour une

exposition, suffisamment lisi-

ble pour le public et accepta-

ble pour un objet qui, à défaut

d’être d’une absolue précision

scientifique, puisse atteindre

un bon niveau d’évocation

pédagogique.

Revue Marseille :

Le cadre étant

bien défini, commence alors la

réalisation proprement dite…

Christian Dufour :

La première

étape consistait à restituer le

relief. Pour cela nous avions

un relevé des courbes de ni-

veaux, sachant qu’entre cha-

cune l’élévation est de 2 mè-

tres, je les ai donc découpées

dans du carton de 3 mm. Il

était nécessaire de majorer

l’échelle au coefficient de 1,5

pour obtenir un effet visible

du relief à cette échelle.

Après ce travail minutieux,

nous avons obtenu les colli-

nes d’origine en recouvrant

l’ensemble d’un revêtement

de résine acrylique que nous

avons peint. Il ne restait plus

qu’à construire la ville !

Pour les maisons, j’ai fabri-

qué une série de moules

dans lesquels j’ai coulé la ré-

sine acrylique, obtenant ain-

si une barrette d’immeubles

que j’ai ensuite «personna-

lisés» variant la pente des

toits, la hauteur de chaque

maison dont, là aussi,

l’échelle a été majorée. Le

tracé du cadastre étant repor-

té sur le paysage, vint alors

le moment de placer toutes

ces constructions avec les

cours et jardins, les rem-

parts, les églises et couvents.

Revue Marseille :

Les scienti-

fiques ont suivi les différentes

étapes de votre travail. Sont-ils

intervenus dans son avance-

ment ?

Dessin

d’Ercole Nigra

orienté Sud-Nord

1590

©ARCHIVESDETURIN