n°225 - Marseille médiévale
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©DROITSRÉSERVÉS

tion de l’enceinte médiévale (début XIII

e

siècle)

sur une quarantaine de mètres. Un dispositif qui

est complété au XIV

e

siècle par la construction

d’un avant mur. Dans les fouilles réalisées place

Charles-De-Gaulle a été mis au jour sur plus de

80 mètres de long, un mur de contrescarpe. Ces

fouilles ont permis également d’étudier le systè-

me de protection extérieur comportant notam-

ment un fossé large de 12 mètres.

Alors que pour les premiers temps chrétiens, la

documentation archéologique s’est considérable-

ment enrichie au cours de ces trois dernières dé-

cennies avec, parmi les découvertes les plus ré-

centes, les découvertes fondamentales faites rue

Malaval, celle relative au monde religieux et fu-

néraire de l’époque médiévale reste limitée. Hor-

mis l’étude conduite sur l’abbaye de Saint-Victor,

on peut citer ici les travaux archéologiques

menés sur la chapelle de la Commanderie (Fort

Saint-Jean) qui fut élevée en calcaire blanc de

Saint-Victor au début du XIII

e

siècle.

Sur la population médiévale, notre viatique est

également peu conséquent. Il se limite en effet à

l’étude d’une petite série de sépultures (XI

e

–XIV

e

siècle) à inhumation en terre et un caveau décou-

verts par exemple sur l’esplanade de la Major ou

dans les fouilles du site de Puget en 1990. Ces

dernières sont datées par les découvertes trou-

vées aux alentours des XIII

e

et XIV

e

siècles.

Quant à la vie économique et sur le port en par-

ticulier, les informations restent d’une grande

pauvreté comparées à celles rassemblées sur le

port antique et la navigation. Parmi les découver-

tes, on peut mentionner la mise au jour d’une

portion de quai daté du XV

e

siècle sous l’Hôtel

de ville. Les recherches récentes rue de la Répu-

blique ont permis de mettre en évidence et de

suivre les évolutions de la ligne de rivage depuis

l’Antiquité et de repérer ce qui pourrait être une

calle de halage en relation avec l’enceinte du XI

e

siècle. Les découvertes archéologiques faites sur

le site de Villeneuve-Bargemon par exemple ap-

portent un éclairage précieux sur le commerce

et montrent combien était important le port de

Marseille. On retrouve en effet dans le cortège

des céramiques en provenance de tout le pour-

tour méditerranéen. Les productions italiennes

(de Ligurie en particulier), celles du Proche-

Orient, d’Egypte, du monde arabe, d’Andalousie

ou bien encore de Catalogne voisinent avec les

productions locales marseillaises. Ces dernières

ont été étudiées lors de la fouille en 1989 des ate-

liers de potiers (fin XII

e

-début XIII

e

siècle) mis

au jour dans les fouilles de Sainte-Barbe qui se

situaient dans l’emprise du faubourg des Olliers.

Il s’agit d’une découverte importante puisqu’elle

fournit la plus ancienne documentation sur une

fabrication de la faïence dans le Sud de la France.

Ces fouilles apportent d’autres indices sur

l’artisanat. Dans un puits fouillé place Charles-

De-Gaulle ont été découverts des objets qui indi-

quent la présence d’une petite activité de bronzier

ou d’orfèvre datée du XIV

e

siècle que l’on peut

rapprocher d’une source d’archives. D’autres ap-

portent le témoignage d’un artisanat du cuir, de

corailleurs (fouilles Sainte-Barbe, La Major), de

forgerons, d’un savetier (Puget III), de tanneries

à l’Alcazar. En revanche, les fouilles n’ont pas per-

mis de retrouver de boutiques.

En conclusion, l’archéologie ne révèle pour

l’heure que quelques pièces de dimensions diver-

ses du puzzle de Marseille médiévale, interdisant

encore de brosser par le détail une histoire de la

ville, de sa population et de ses activités commer-

ciales et laborieuses. Il apparaît en revanche

aujourd’hui de manière très nette, au vu du dos-

sier archéologique constitué, que cette ville reste

largement ignorée des sources d’archives et non

figurée sur ses plus anciennes représentations qui

remontent au XVI

e

siècle comme le prouvent par

exemple les découvertes de Sainte-Barbe.

L’archéologie reste la seule en capacité de com-

bler ces lacunes. Elle devra donc saisir toutes les

opportunités possibles pour compléter et préci-

ser cinq siècles de l’histoire urbaine et, par

ailleurs, tenter de combler le grand vide dans la

documentation entre le VIII

e

et le XII

e

siècle.

L’achèvement des travaux collectifs initiés par les

responsables et fouilleurs des opérations de

fouilles préventives menées depuis ces dernières

années dans Marseille devrait permettre de jeter

les bases d’une nouvelle histoire de Marseille

médiévale et moderne.

Fouilles

place

de la halle

Puget