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C’est la raison pour laquelle il est formellement

interdit de sortir des sentiers balisés, tandis que

les chiens doivent être tenus en laisse.

Une flore originale

Mais les îles ne se distinguent pas que pour leurs

oiseaux. Tapie derrière un caillou, à l’abri du vent

ou enracinée loin à l’intérieur de la roche pour

chercher un peu d’eau, ou encore poilue, parfois,

pour se protéger des embruns, se cache une flore

d’une originalité insoupçonnée. En effet, malgré

leur uniformité apparente, les archipels abritent

plus de 350 espèces de fleurs, dont une vingtaine

est rare et protégée.

Cette végétation rase et discrète alterne avec les

éboulis ou la roche nue et les rares arbres. Pins

d’Alep, oliviers et figuiers, qui osent essayer de

grandir, sont courbés et torturés par la force im-

placable du vent. Ici, ce sont le relief, la mer, le

vent et les embruns qui décident du paysage. Les

espèces qui veulent survivre doivent savoir

s’adapter, parfois de manière surprenante, afin de

résister aux éléments.

Chez l’Astragale de Marseille, emblème des îles

du Frioul, le port en «coussinet» est de rigueur

pour résister au vent et aux embruns. Cette façon

de pousser permet de maintenir, à la base de la

plante un microclimat plus frais et de favoriser

des racines très développées allant chercher loin

l’humidité. Les feuilles sont constituées de folio-

les étroites et poilues qui permettent de limiter

l’évapotranspiration. Au plus chaud de la saison,

celles-ci vont tomber et la

tige centrale va se durcir

pour devenir autant

d’aiguilles piquantes qui

valent à cette belle plante

le nom de coussin de

belle-mère. Son port en

coussinet, associé à cet

aspect piquant, présente également un avantage

évident que l’on appelle l’effet nurseries : les grai-

nes de l’astragale vont, àmaturité, tomber au pied

de la plante mère, au frais mais également à l’abri

de rongeurs, et ainsi pouvoir mûrir avant de se

disséminer.

©F.-N.RICHARD

Le calme

d’une crique

©F.-N.RICHARD

Flore printannière

sur Pomègues

Malgré leur uniformité

apparente, les archipels

abritent plus de 350 espèces

de fleurs, dont une vingtaine

est rare et protégée.