n°223 - La mer
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Hier…

Comptoir commercial de la

cité grecque de Phocée, Mas-

salia, depuis vingt-six siècles

fut, dès son origine et durant

de longues périodes, refermée

sur son site, l’anse du Lacy-

don. Puis dans ses remparts,

protégeant une étroite

presqu’île entourée par la mer

de trois côtés : la corne du

port antique, la calanque du

Vieux-Port et la côte de la Jo-

liette. Vers 330 avant J.-C.,

Pythéas le Massaliote

repoussa les limites du

monde. On sait que ce

navigateur et astronome,

explorateur et géogra-

phe avant l’heure, fran-

chit le détroit de Gi-

braltar –les colonnes

d’Hercule–, s’aventura

dans l’Océan Atlantique et

navigua vers le nord jusqu’à

l’Islande et la mystérieuse

Thulé. Marseille pourrait faire

de ce navigateur et savant un

symbole fort, très marquant

et construire autour de lui, à

l’image de celui d’Ulysse, un

vrai mythe qui, malgré quel-

ques incertitudes, serait beau-

coup plus véridique que celui

de quelques turbulents gau-

lois, nés sur une planche à

dessin puis passés à l’écran.

Les voies romaines avaient

déjà dessiné cette incontour-

nable Europe du sud qui se

réinvente aujourd’hui comme

une permanence de nos ré-

gions. Leur profonde unité

géographique, océanographi-

que, historique et culturelle

–et même nutritionnelle– en

est la meilleure preuve. Vers

l’an 104 avant J.-C., la coloni-

sation romaine établit sur les

rives de l’étang de Berre un

commerce maritime actif et

un antique précurseur du

port autonome et de ses an-

nexes. Une préfiguration de

son avenir et du port de Fos-

sur-mer.

Les très émouvantes épaves

provenant de nombreux nau-

frages échelonnés au cours

de l’histoire, que Henri-

Germain Delauze et nos amis

de la COMEX ont découver-

tes, sont bien là, de façon

concrète, pour en témoigner.

C’est aux XVII

e

et XVIII

e

siè-

cles qu’eut lieu la mutation

majeure, sous l’impulsion de

Louis XIV. On créa un arsenal

de galères (1666), et un statut

de Port Franc fut attribué à la

ville (1669), ce qui conduisit

à une forte croissance de la ci-

té et de son port. Avec le mo-

nopole de commercer

avec le Levant et les îles

d’Amérique (1712), les

privilèges facilitèrent

ainsi l’extension de la

ville, le commerce avec

l’Afrique du Nord puis

d’autres pays de Médi-

terranée. Ce mouve-

ment d’ouverture sur le mon-

de s’est affermi au XlX

e

siècle.

On édifia chantiers de cons-

truction et de réparation na-

vale, ateliers de construction

de machines pour l’industrie

agro-alimentaire ou de trans-

formation d’aliments exoti-

ques : une véritable activité

industrielle puissante et de

qualité, bien différente de

5

LES HORIZONS DE LA MER

MARSEILLE ET LA MER

Par Hubert Jean CECCALDI

de l’Académie de Marseille

Quelle aventure !

Quelle trajectoire !

Marseille du Passé,

Marseille du Présent,

Marseille de l’Avenir et

toujours des relations

renouvelées à chaque

époque avec

Mare

nostrum

, avec ses

voisins proches, avec

des contrées plus

lointaines du sud et

au-delà. Mais pour

quel avenir commun ?

UNE OUVERTURE SUR LE MONDE

On créa un arsenal de galères

(1666), et un statut de Port

Franc fut attribué à la ville

(1669), ce qui conduisit

à une forte croissance

de la cité et de son port.