n°221 - Made in Marseille
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s’appelait Crescas Davin : il exerçait en 1371, et

son fils Salomon lui succéda en 1404 ; mais avant

les Davin, d’autres durent pratiquer cette activité

sans que les manuscrits sauvegardés aient conser-

vé leur identité. Même si Pline l’Ancien rapportait

que les peuplades gauloises utilisaient déjà pour

les soins de leur chevelure une pâte nommée sa-

po, composée de cendres de hêtre et de suif de

chèvre, c’est bien plus tard, après les civilisations

grecque et romaine, que

l’on vit apparaître au

Proche-Orient une pâte

molle aux propriétés dé-

tersives. Ce savon élaboré

grossièrement passa en-

suite en Afrique du Nord,

puis dans la péninsule

Ibérique alors sous do-

mination arabe. La saponification se transporta

dans la péninsule Italienne, à Venise, à Gênes et

dans un petit port ligure nommé Savona.

Jusqu’au VIII

e

siècle, les graisses animales res-

tèrent les principaux ingrédients du savon ; pro-

gressivement, on leur substitua l’huile d’olive qui,

chauffée avec les soudes extraites de plantes lit-

torales, donnait un savon à la consistance ferme

et aux propriétés détersives accrues. On ignore

toujours en quelle décennie la cité de Marseille

accueillit son premier atelier de saponification à

chaud des huiles d’olive du terroir mélangées aux

cendres des sansouires de Camargue et aux sali-

cors de Narbonne. Progressivement, cette activité

artisanale prit une importance accrue en se tour-

nant vers l’exportation : en direction de l’intérieur

de la France, mais aussi vers la Suisse, l’Egypte et

Rhodes. Au début du XVI

e

siècle, les Marseillais su-

rent débaucher d’Italie et

d’Espagne des ouvriers

experts en la matière, dé-

tenteurs de certains se-

crets ou plus habiles que

leurs collègues français.

Tout en transposant les

techniques étrangères, ils ajoutèrent leurs propres

innovations, notamment dans le procédé de la

«grande chaudière avec liquidation» qui allait as-

surer leur réussite. À la suite du ministre Colbert,

qui avait pressenti combien la savonnerie pouvait

devenir une source de revenus pour le royaume,

son fils, le marquis de Seignelay, alors secrétaire

d’Etat à la Marine, fit promulguer en 1688 un édit

Anonyme,

140x105cm.

Imprimerie

Moullot

Calendrier.

Imprimerie

Moullot

©COLL.MUSÉED’HISTOIREDEMARSEILLE

1896

©COLL.CCIMP -QAF02587

Pline l’Ancien rapportait que

les peuplades gauloises utilisaient

déjà pour les soins de leur

chevelure une pâte nommée sapo,

composée de cendres de hêtre

et de suif de chèvre.