n°221 - Made in Marseille
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rent à étudier la chimie moderne. Le procédé de

la liquidation en grande chaudière avait été établi

en dehors de toute considération scientifique par

des praticiens attentifs. Lorsque Eugène Che-

vreul publia la théorie de la saponification, on

aurait pu espérer que sa vulgarisation permettrait

de nouveaux progrès, mais en dehors de la récu-

pération de la glycérine, les traitements restèrent

empiriques.

Les travaux de François Merklen allaient donner

une explication physico-chimique à l’élaboration

du savon de Marseille. Étudiant les équilibres qui

s’établissent dans une cuve de savon, il eut

l’audace d’appliquer la «règle des phases» aux sys-

tèmes colloïdaux. Ses réflexions imprimées en

1906, lors de l’Exposition coloniale, ne man-

quèrent pas d’avoir un grand retentissement dans

la profession. Deux ans plus tard, la production

des 81 sociétés de savonneries marseillaises avoi-

sinait les 140 000 tonnes.

L’ancêtre des produits d’hygiène

La réputation du savon de Marseille semblait

alors bien assise à l’international. Cependant, il

était depuis longtemps copié, imité. En 1928, la

ville-port rassemblait 77 savonneries, sans comp-

ter celles spécialisées dans les savons de toilette

«extra-fins» et les savonnettes parfumées de luxe.

La quantité totale de savons sortis des usines

s’était élevée à 194 000 tonnes, un résultat remar-

quable pour ce secteur alors essentiel du comple-

xe économique marseillais.

Si certains industriels provençaux étaient dési-

reux de tirer parti de nouveaux procédés de

Affiche

de André Rolland

154x116

©COLL.CCIMP