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La pêche, un savoureux péché

27 juillet 2018

Seuls les mauvais esprits prétendront que si la Bonne Mère est là, majestueuse, impressionnante, sur les hauteurs de la ville, c’est aussi pour surveiller et éventuellement pardonner à tous les pécheurs de Marseille.

Au demeurant, la pêche –l’accent circonflexe change beaucoup la donne en la matière—a aussi un aspect religieux. Ce n’est pas pour rien si, chaque année que Dieu fasse, on fête en grandes pompes Saint-Pierre, le patron des pêcheurs. Une procession, une manifestation de dévotion populaire, qui symbolise la culture et les traditions maritimes avec autant de force, de ferveur que de foi.

La pêche, en tout cas, ici à Marseille, c’est aussi un art de vivre et un savoir-faire solidement ancrés dans la mémoire collective, y compris dans celle de tous ceux qui ne connaissent rien aux poissons sinon celui de les déguster.
Bon, c’est vrai qu’il y a quelque chose d’assez mystérieux pour ceux qui préfèrent la promenade, par exemple, que d’apercevoir ici et là, de l’Estaque aux fin fond des Goudes ou même dans les calanques en passant par la Corniche, tous ces « quidam », hommes, femmes, enfants, le regard fixé imperturbablement sur l’eau. Plus exactement sur le bout de la ligne et qui guette le moindre frémissement, le moindre soubresaut, annonciateurs d’une prise imminente ou presque.

Là, il faut surtout bien les regarder agir, à ce moment très précis. C’est là, et seulement là, que tout s’enclenche et qu’on comprend vraiment que la torpeur n’était qu’apparente. Un métier, un art. Ce ne sont pas les « pêcheurs du dimanche » qui diront le contraire, eux qui font preuve de tout autant de passion que de rage de réussir.

La pêche, oui, c’est une véritable institution dont on peut être certain qu’elle perdurera. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que de nombreuses écoles de pêches organisent des stages, des initiations, tout au long de l’année.
Bon, bien sûr, chacun son petit secret. Son coin favori, celui où il est quasi certain de ne pas rentrer bredouille, de ne pas être contraint de « broméger », d’inventer l’une de ces fameuses histoires, comme cette sardine qui a bouché le Vieux-Port, qui font, aussi, partie intégrante du folklore marseillais.

Reste que la pêche, c’est aussi et surtout cela : la liberté et un bien meilleur remède au stress ambiant que ceux fabriqués par les laboratoires pharmaceutiques…

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