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La Canebière fête ses 90 ans !

10 février 2017

La Canebière c'est un kilomètre qui rallie les Réformés au Vieux-Port en passant par la place du Général de Gaulle, la rue Saint-Férréol, le cours Belsunce, le boulevard Dugommier et le boulevard Garibaldi.

Ses débuts n'ont pas été sans peine et la Canebière a mis plus d'un siècle et demi pour devenir célèbre !

Le saviez-vous ?

La Canebière (autrefois "la Cannebis") vient du provençal canebe, qui provient lui-même du latin cannabis signifiant le chanvre. Marseille était, en effet, l'un des plus grands comptoirs de chanvre au monde pour la fabrication et le commerce des élingues* et cordages.
En provençal, une canebiera est une plantation de chanvre, ou "chènevière", en français.

L’achèvement de la Canebière comme on peut la voir aujourd’hui du quai des Belges jusqu’à l’église Saint-Vincent de Paul, a duré, elle, plus de trois siècles !
A l'origine, la Canebière ne désignait que l'artère qui va du Vieux-Port au carrefour du cours Saint-Louis. Au fil du temps, la rue Noailles qui allait du cours Saint-Louis au boulevard Dugommier et les allées de Meilhan qui courent du boulevard Dugommier à l'Eglise des Réformés, ont été rattachés à ce tronçon.

C'est seulement en 1927 que l'ensemble des trois voies prit le nom de Canebière.

Il y a quelques années en arrière, lorsqu'un Marseillais souhaitait rencontrer un ami, il lui suffisait de "descendre" la Canebière, où il était à peu près sûr de le croiser !

Renouez donc avec cette tradition et n'hésitez pas à venir vous y promener !

Découvrez l'histoire de quelques-uns des édifices qui la jalonnent !

Au numéro 9 de la Canebière, se dresse le Palais de la Bourse, l'un des plus parfaits exemples du style Second-Empire qui puissent se trouver en France. Son architecte Pascal-Xavier Coste (1787-1879) le considérait lui-même comme le chef-d'oeuvre de sa carrière.
Les travaux du Palais de la Bourse ont débuté en septembre 1852. L'édifice a été inauguré en septembre 1860, lors de la venue de Napoléon III et l’impératrice Eugénie à Marseille.

Le bâtiment appartient au patrimoine culturel de la Chambre de Commerce et d'Industrie Marseille-Provence, qui est, pour sa part, la plus ancienne chambre de commerce du monde !

Placé dans l'alignement de la Canebière, le Palais de la Bourse a une largeur de 47 m, une profondeur de 68 m et une hauteur qui dépasse les 25 m. Sa façade principale est précédée par un avant-corps, percé de cinq arcades aux clés ornées des attributs du Commerce, de la Marine, de l'astronomie, de l'Agriculture et de l'Industrie.
On y trouve quelques curiosités parmi lesquelles le grand hall, où trônait la corbeille de la bourse, considéré comme la partie capitale de l'oeuvre et l'horloge du Palais. Ne se contentant pas de donner l'heure locale, l'horloge, toujours en état de marche au XXIe siècle, indique par quatre cadrans, celle de l'Europe centrale et orientale, de Saigon et Chicago.

Le saviez-vous ?

- à la pointe du progrès, le bâtiment allait être le premier de Marseille construit avec des charpentes de fer.
- il est aussi l’un des rares bâtiments consulaires à posséder un musée, le Musée de la marine et de l’économie, et il recèle un fonds d’archives faisant référence sur le plan international.

Plus d'infos

Le saviez-vous ?

Le plus célèbre des photographes du monde travaillait au 77, La Canebière ! Il a photographié le poète Charles Baudelaire ou l’écrivain Victor Hugo, pensif, posant pour l’éternité, sa joue appuyée dans sa main droite…
Il s’appelait Gaspard-Félix Tournachon et il est célèbre dans le monde entier sous le nom de Nadar.

Né en 1820 et mort en 1910, il n’a jamais voulu être photographe, mais marque à tout jamais cet art naissant par ses célèbres portraits et son extraordinaire créativité.
Dessinateur, caricaturiste, écrivain, journaliste, il se passionne pour la photographie dès 1850. Suite à des revers de fortune et face à la maladie de son épouse, le génial artiste déménage vers le soleil et installe son studio de photographie au 21 rue de Noailles, renuméroté ensuite 77 La Canebière !

L’immeuble est en plein coeur du bouillonnant centre ville de l'époque : en face du Grand Hôtel de Marseille, de l’Hôtel de Noailles et, plus loin, de l’Hôtel du Louvre et de la Paix (actuel magasin C&A, depuis 1980). Les Nouvelles Galeries seront bientôt inaugurées à côté du studio et le siège de la Société de photographie de Marseille est tout proche.

Nadar crée une verrière de 100 mètres carrés pour profiter au maximum de la lumière naturelle et deux "cabines" : une est consacrée à l’habillage et au maquillage des modèles, l’autre à l’examen des clichés. En-dessous, éclairé par des pavés de verre dans le plancher, ses archives et la salle de retouche. Au rez-de-chaussée, le laboratoire et la boutique. A Marseille, il côtoie le poète Frédéric Mistral et les frères Lumière, dont l’un réalise l’enseigne du studio de photographie.

En quittant Marseille, Nadar vend son atelier à l’un de ses disciples photographes, Fernand Detaille. Ce dernier et les deux générations de Detaille suivantes utiliseront les locaux jusqu’en 1987 !

Le Grand Hôtel : de l’hôtel au commissariat de police, quatre siècles d’histoire !

L’histoire de ce bâtiment se confond avec la puissance de Marseille au temps des galères et son essor industriel.

Symbole des multiples mutations de la célèbre artère au cours des époques, Le Grand Hôtel ouvre le 5 mai 1863, à l’angle de la rue de Noailles (Canebière) et du boulevard du musée (actuel boulevard Garibaldi), sur une partie de l’ancien jardin de l’hôtel particulier de Chabert, dit du chevalier de Noailles. Construit par l’industriel fabricant de corail Aimé Barbaroux par les frères Jaufret (architectes) il n’était pas tout à fait mitoyen du Grand Hôtel Noailles (actuelle Société Générale).

La rue et le quartier de Noailles doivent leur nom à Jacques de Noailles, lieutenant général des Galères, qui occupa cette propriété pendant vingt-quatre ans, sous le règne de Louis XIV.

Cet hôtel est un grand bâtiment de cinq étages, inspiré des modèles parisiens. Il se signalait par le fronton de la porte d’entrée principale décorée d’une sculpture d’Auguste Ottin. Elle représente les dieux du commerce et de la navigation… L’hôtel se destine à l’accueil d’une luxueuse clientèle, ambassadeurs, têtes couronnées, sportifs ou artistes au sommet de leur gloire tels Edith Piaf ou André Dassary...

Endommagé par l’incendie tragique des Nouvelles Galeries en 1938, l’hôtel souffrit également du bombardement allié du 27 mai 1944. Il poursuivit némanmoins son activité durant un demi-siècle.

Fermé en 1990, il est transformé en un grand commissariat, inauguré en 2004.


L'une des traditions de la partie haute de la Canebière (allées), sans doute encouragée par la proximité du Lycée, a été de toujours compter quelques librairies parmi ses commerces. Au XXe siècle, trois d'entre elles y ont acquis une véritable célébrité : Tacussel, Maupetit et Laffitte.

L'évolution du livre, ces dernières années, ne leur a pas été favorable. Laffitte a disparu le premier pour renaître aux Arcenaulx. Maupetit n'est plus, lui non plus, l'affaire d'origine.

Célèbre pour ses publications d'ouvrages sur Marseille et la Provence, Tacussel s'est retiré mais sa remarquable enseigne en carreaux de céramique émaillés noirs règne toujours au fronton de la librairie qui lui a succédé.

C'est Maurice Tacussel, le petit-fils du fondateur de la librairie, Paul Ruat, qui a l’idée, en 1950, de cette fameuse devanture. La façade a certainement été réalisée une trentaine d’années plus tard et la devanture a conservé complet son décor d’origine : les dos d’ouvrages factices sont l’œuvre de Jean Amado, céramiste aixois révélé dans les années 1950 et les carreaux de céramique émaillés noirs de Frédéric Sourdive. Au-dessus de l’entrée, la partie centrale décorée de vagues en fer forgé et d’une étoile centrale occupée par une cigale de Louis Sicard, date également de cette époque.

Le saviez-vous ?

Paul Ruat, le fondateur de la librairie, est l’auteur de plusieurs ouvrages en langue provençale au début du siècle. Il fut aussi éditeur de grands noms de la littérature provençale.
En 1897, il édite pour la première fois la Cuisinière Provençale, "Le Reboul", incontournable bible de nos arrières-grand-mères, grand-mères, mères et de nombreux chefs petits et grands, véritable ambassadeur de la cuisine méridionale aux quatre coins de la planète.

"On connaît dans chaque hémisphère
Notre Cane-Cane-Cane-Canebière…
Et partout elle est populaire
Notre Cane-Cane-Cane-Canebière !

Elle part du Vieux-Port et sans effort
Coquin de sort, elle exagère…
Elle finit au bout de la terre
Notre Cane-Cane-Cane-Canebière !"

Qui ne connaît pas ce refrain ?

"Canebière" est une chanson française écrite en 1935 par René Sarvil (paroles) et Vincent Scotto (musique). Créée par le chanteur Alibert dans l'opérette "Un de la Canebière", la chanson célèbre l'avenue la plus fameuse du cœur de Marseille, la Canebière.

Avec la Canebière, les chansons marseillaises sont allées "au bout de la terre". En dehors de Marseille, aucune autre ville, excepté Paris, n'a fait de la chanson l'un des attributs les plus puissants de son identité. A travers elle, Marseille a développé, a mûri, a perfectionné au fil du temps un "genre" qui, avec Scotto, Sarvil et Alibert, a connu dans les années 1930 une exportation triomphale vers la capitale.

Sur la Canebière, on y chantait aussi !
A l'angle de la Canebière, dans le sous-sol de la brasserie Canebière ouverte en 1933, le cabaret Mélodie Bar reçoit, dans les années 30, des chansonniers, des chanteuses à texte comme Marianne Oswald et des débutants comme Charles Trenet, qui, en 1937, alors qu'il faisait son service militaire à Istres, y gagna son surnom de "Fou chantant" ! Selon certains, il y aurait peut-être aussi trouvé la façon de porter son chapeau rond en arrière en s'inspirant de celui du Mercure sculpté au fronton du Grand Hôtel...

Décors somptueux, foule bruissante, au XIXe siècle, la Canebière est le grand boulevard des cafés.

"Les cafés de Marseille sont plus beaux que le port. Les marins s’y asseyent dans des carrosses d’or", s'enthousiasme Jean Cocteau.

Première ville en France, sous Louis XIV, à posséder un café publci, Marseille en comptait déjà plusieurs à la fin du XVIIIe siècle et à l'orée du XIXe.

Dans les années 1820, la rapide progression du luxe et du raffinement du décor urbain, apporte une nouvelle génération de salles encore plus belles et plus luxueuses.

Le très chic Café turc s’installe à l’angle de la Canebière et de la rue Beauvau en 1850 (il fermera 70 ans plus tard). Un Turc faisant le Kief, après avoir fumé l’opium et le haschich, lui aurait servi d’enseigne. Le peintre Monticelli le fréquente. Théophile Gautier l’évoque dans "Constantinople".
Il y a sans doute réglé sa montre à une horloge qui donne l’heure de trois continents, au moyen d’un échappement à chevilles de laiton. L’appareil sera retrouvé sous les gravats après guerre.

Le saviez-vous ?

Le premier café du genre est né à Marseille !  Ramené en 1644 par un certain M. de La Roque au retour d’un voyage à Constantinople Le breuvage fait l’objet d’une dégustation entre amis. Très vite, d’autres négociants s’y mettent et, vers 1670, s’ouvre près de la Loge, une boutique ou maison du café tenue par l’Arménien Pascal,



*Elingue : accessoire de levage souple

 

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