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L'oeuvre de Le Corbusier inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO

17 juillet 2016

L’œuvre architecturale de Le Corbusier, dont l'Unité d'habitation de Marseille, vient d'être inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité, pour sa contribution exceptionnelle au "Mouvement Moderne".

Dix-sept oeuvres de Le Corbusier, construites sur trois continents et sept pays (France, Suisse, Belgique, Allemagne, Argentine, Japon et Inde) sont concernées. Dix d'entre elles sont situées en France.
Les sites ont été choisis parce que, selon l'Unesco, ils répondent aux enjeux fondamentaux de l'architecture et de la société du XXe siècle. Tous novateurs, ils ont contribué à diffuser les idées du "Mouvement Moderne", dans le monde entier.
Entre 1910 et 1960, ce mouvement a suscité un débat d'idées exceptionnel, à l'échelle mondiale et a inventé un nouveau langage architectural pour répondre aux défis qui se posent à l'homme moderne.
Les monuments de Le Corbusier ont toujours gardé leur fonctionnalité et ne cessent d'être habités, utilisés et visités aujourd'hui.

"La cité radieuse" de Marseille

L’Unité d’habitation de Marseille - également dénommée "Cité radieuse" - est l’icône du Mouvement moderne pour un nouveau mode d’habitat collectif, véritable village vertical, fondé sur l’équilibre entre l’individuel et le collectif. Elle est, de plus, une œuvre fondatrice du "Brutalisme architectural".

Situé 280 boulevard Michelet (8e), l’édifice se présente sous la forme d’une barre d’habitation de 135 mètres de long, 24 mètres de large et 56 mètres de haut, montée sur pilotis.
Trois cent trente appartements, répartis en vingt-trois types différents peuvent accueillir entre 1 500 et 1 700 habitants qui disposent, au 7e et 8e étages, d’une rue commerçante, d’un hôtel-restaurant, et sur la terrasse d’une école maternelle, et d’équipements sportifs.

Le principe constructif retenu est une ossature indépendante de poteaux et de poutres en béton armé, reposant sur dix-sept portiques. Le Corbusier retient le béton pour l’ossature générale, le bois et le métal pour l’ossature des logements.
Les appartements sont constitués d’éléments standards assemblés sur place. Indépendants, ils sont séparés de l’ossature générale en béton par un appareillage coupe-bruit. Pour Le Corbusier, le silence symbolise l’intimité de la famille et l’autonomie de la cellule au sein de l’unité.

Le Corbusier combine trois modules de base permettant de multiples combinaisons, depuis la simple cellule pour célibataire, au type E, pour des familles de quatre à huit enfants.
Tous les appartements sont traversants, à l’exception des logements placés en façade sud. Une loggia brise-soleil prolonge le séjour à l’extérieur et module l’entrée du soleil.
Protégé derrière un double vitrage, l’intérieur des appartements obéit aux lois de l’architecture navale et monacale : rationalisme et simplicité.
Le séjour, cœur du foyer, est ouvert sur deux niveaux ; à l’étage la chambre des parents occupe la mezzanine.
La cuisine est équipée comme un laboratoire : cuisinière électrique, armoire frigorifique, vide-ordures et casiers de rangement.
Tout l’appartement comprend ainsi de nombreux casiers qui remplacent les meubles traditionnels.

Les dix-sept étages sont reliés par huit rues intérieures qui, par le jeu des duplex, desservent chacune trois étages.
Aux 7e et 8e étages, les habitants disposent d’une rue commerçante complétée d’une laverie et d’un hôtel-restaurant.
Enfin, sur la terrasse ceinte d’une piste de course à pied de 300 mètres, un gymnase et une école maternelle de trois classes, ainsi qu’une scène et un fond de scène pour accueillir des représentations théâtrales enrichissent l’ensemble.
L’ensemble de l’édifice et ses équipements sont dessinés au Modulor, l’unité de mesure universelle conçue par Le Corbusier.

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